Les assureurs investissent dans la dépendance

Maintes fois repoussée, la réforme de la dépendance est maintenant annoncée pour 2014 et les assureurs sont dans les starting-blocks. Entre ceux qui ont déjà revu leurs offres (comme dernièrement Predica, leader du secteur) et ceux qui ont des projets dans les cartons, le marché est « en effervescence », observe la société d’actuariat conseil et de gestion des risques Optimind Winter. D’après un sondage qu’elle a commandé à OpinionWay, plus de la moitié des 46 sociétés interrogées travaillent ainsi à une revue «  en profondeur » de leur offre ou à la création d’un produit dépendance.

Près de 60 % des sondés pensent développer à la fois des contrats individuels et des contrats collectifs d’entreprise et 31 % uniquement une offre individuelle. Comme c’est déjà le cas aujourd’hui, les assureurs vont très majoritairement vendre des offres proposant le versement des prestations sous forme forfaitaire. Et ce, même si « elles ne correspondent pas totalement aux attentes des assurés, qui ont en réalité besoin d’être indemnisés des frais occasionnés par la dépendance », comme le souligne Gildas Robert,senior manager chez Optimind Winter.

A contrario, 25 % des sondés n’ont pas ouvert de chantier sur la dépendance. Le fait que le coût du risque soit difficile à appréhender est sans nul doute un facteur dissuasif. Comme le montre l’étude, 39 % des acteurs disent avoir des difficultés à anticiper l’évolution du risque dépendance et 12 % ont même constaté une dérive de ce risque. « Même si les premiers produits d’assurance dépendance en France datent d’il y a plus de vingt-cinq ans, nous pouvons dire que la réalisation du risque reste récente. Les assureurs ont encore peu de statistiques sur le risque aux grands âges, puisque l’âge moyen de souscription est de 60 ans et que l’âge moyen de survenance de la dépendance est de 85 ans », explique Stéphanie Pastor, actuaire manager chez Optimind Winter. En outre, ajoute-t-elle, « ce risque a déjà évolué, sous l’effet de l’augmentation de certaines maladies, comme Alzeihmer ».

Le marché apparaît également dans l’expectative, 72 % des personnes interrogées souhaitant être fixées rapidement sur le niveau d’intervention des pouvoirs publics. Elles sont aussi 54 % à attendre une incitation fiscale à la souscription d’assurance-dépendance.

Laurent Thévenin, Les Echos