LAURENT THÉVENIN

LE LEADER MONDIAL DE L’ASSURANCE-CRÉDIT AFFICHE UN RÉSULTAT NET EN HAUSSE DE 0,9 % SUR LES NEUF PREMIERS MOIS DE L’ANNÉE. IL VEUT ACCÉLÉRER SA DIVERSIFICATION.
Vent porteur pour Euler Hermes. Le leader mondial de l’assurance-crédit a publié un résultat net en progression de 0,9 % sur les neuf premiers mois de l’année, à 228,1 millions d’euros. Son ratio combiné net (sinistres et frais rapportés aux primes) s’est, lui, amélioré de 0,8 point, à 78,9 %, sous le coup d’une baisse de la sinistralité. Surtout, le chiffre d’affaires est reparti à la hausse au troisième trimestre (+2,3 %). Sur neuf mois, il ressort stable, à 1,929 milliard d’euros. La filiale d’Allianz se dit « confiante dans ses perspectives commerciales » et pense pouvoir accroître son chiffre d’affaires l’an prochain.

Nouvelles perspectives
« Le marché mondial de l’assurance-crédit dite traditionnelle est en contraction, du fait de l’effet de la baisse des prix depuis six ans. Cela dit, avec la globalisation, les entreprises vont de plus en plus faire du commerce avec des contreparties qu’elles ne connaissent pas ou peu. Le risque de crédit interentreprises ne va donc pas diminuer, bien au contraire. Ce qui nous ouvre des perspectives », indique aux « Echos »

Wilfried Verstraete, le président du directoire d’Euler Hermes.
L’assureur-crédit signale par ailleurs un ralentissement de la baisse des prix. « Pour 2018, notre objectif est d’arriver, au global, à une stabilisation, voire à une légère augmentation de nos prix, parce que le coût du risque, lui, augmente », annonce le dirigeant.

Alors qu’il cherche à accélérer sa diversification au-delà de son activité historique, Euler Hermes table sur « un développement soutenu de [ses] nouvelles lignes de produits dans les mois à venir », comme la caution, en particulier. Sur ce marché qui croît « de 5 à 6 % par an » au niveau mondial, l’assureur-crédit estime avoir de nombreux atouts à faire valoir.

« Avec notre AA-, nous avons une meilleure notation que beaucoup des grandes banques internationales. Nous avons un gros avantage : nous sommes capables d’émettre, pour un client français ou italien, par exemple, une caution au Panama ou en Afrique du Sud, alors que les banques, elles, doivent souvent avoir recours à des partenaires locaux », souligne Wilfried Verstraete. Autre « axe de développement très prometteur »,

l’assurance-fraude,
un segment sur lequel Euler Hermes détient déjà 50 % de part de marché en Allemagne et sur lequel il s’est lancé en France il y a deux ans.
Plus largement, Euler Hermes serait aujourd’hui « à un moment charnière » de son histoire. « Avec le Big Data et l’intelligence artificielle, la façon de produire, de vendre et de tarifer les couvertures va évoluer », avance ainsi Wilfried Verstraete. « D’un point de vue concurrentiel, si notre base de données sur 40 millions d’entreprises dans le monde entier constitue aujourd’hui la barrière à l’entrée la plus forte, elle ne le sera peut-être plus dans dix ans », ajoute-t-il.

Se « réinventer »
L’un des enjeux pour l’assureur-crédit sera d’utiliser au mieux la masse exponentielle de données à disposition, l’open data pour améliorer la précision de ses calculs et « prendre plus de risques pour le même montant de primes ». En 2015, Euler Hermes a lancé une « digital agency » pour « réinventer l’assurance-crédit traditionnelle ». Le groupe investit 10 millions par an dans l’expérimentation et le développement d’outils d’intelligence artificielle. « C’est un montant significatif à notre échelle, équivalent à 3 % de notre résultat net », insiste Wilfried Verstraete.
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