Départ en trombe pour Crédit Agricole Assurances en santé collective. Il y a deux ans encore, le bancassureur n’était pas présent sur ce terrain. Au 1er janvier 2016, il devrait s’être constitué « un portefeuille de 200.000 personnes couvertes, soit la taille d’une belle mutuelle », annonce Pierre Guillocheau, son directeur des assurances collectives, sans donner le chiffre d’affaires ainsi réalisé.

Le pôle assurances de Crédit Agricole surfe évidemment sur la généralisation de la complémentaire santé d’entreprise (ANI) au 1er janvier prochain. Sur ce marché pris d’assaut par les assureurs, les mutuelles, les institutions de prévoyance et les filiales de banque, il dit avancer de manière raisonnable. « On voit des comportements irrationnels avec des contrats vendus à des prix très bas. En tant que filiale d’un groupe bancaire ayant des relations de longue durée avec ses clients, nous ne souhaitons pas entrer dans ce jeu-là », affirme Pierre Guillocheau.

Du « sur-mesure »

Alors qu’une grande partie des employeurs opteraient pour le socle de base ANI, le bancassureur arriverait aussi à vendre avec succès des surcomplémentaires. « Les taux de souscription atteignent les 30 à 50 %. Cela marche parce que nous proposons du sur-mesure par rapport au contrat collectif », analyse Pierre Guillocheau.

 

Mais Crédit Agricole Assurances ne s’arrête pas à la seule opportunité de l’ANI. Il s’agit pour lui de devenir le « bancassureur des entreprises allant de 1 à plusieurs dizaines de milliers de salariés ». Alors que la part de marché du Crédit Agricole auprès des entreprises atteint 30 %, il dispose d’un grand vivier. Il compte en particulier profiter de la fin des clauses de désignation, qui permettaient naguère à une branche professionnelle d’imposer un organisme assureur unique à toutes les entreprises. « Cela ouvre le marché. Nous ne répondons pas systématiquement aux appels d’offres lancés par les branches, mais nous proposons des offres adaptées, en particulier sur celles qui sont au coeur du portefeuille des caisses régionales, comme par exemple celle des hôtels-cafés-restaurants », indique Pierre Guillocheau.

Mais l’avancée de Crédit Agricole Assurances en collectives est plus large. Quand il vend une complémentaire santé à une entreprise, il arrive aussi à placer un contrat de prévoyance « dans près de 50 % des cas ».