April nel mirino di fondi anglosassoni

Gli investitori americani KKR e Advent, oltre che i britannici CVC e BC Partners sono interessati ad acquisire il controllo del broker grossista francese April

Anne Drif
Les investisseurs américains KKR et Advent, ainsi que les britanniques CVC et BC Partners, s’intéressent à une prise de contrôle majoritaire du grossiste en assurances April.
Un bond de 22 %. C’est le saut réalisé en Bourse par le grossiste en assurances April, en à peine plus de 24 heures. Vingt et un ans jour pour jour après son introduction en Bourse (le 23 octobre 1997), la success-story de l’assurance, valorisée plus de 610 millions d’euros sur le marché, a confirmé avoir « fait l’objet de manifestations d’intérêt préliminaires ».
Quatre fonds d’investissement sont en discussion avec son fondateur, Bruno Rousset, actionnaire au travers de son holding Evolem, de 65,1 % du capital du courtier : les américains KKR et Advent ainsi que les britanniques CVC et BC Partners. Le fonds franco-britannique Bridgepoint aurait, lui, été écarté des enchères organisées par Rothschild & Co, selon des sources.
Ce n’est pas la première fois que de telles discussions ont lieu. « Ce dossier revient régulièrement sur le marché depuis dix ans. Jusqu’à présent, ces sollicitations visaient visiblement plus pour le vendeur à s’assurer de la valeur intrinsèque de la société », indiquent plusieurs sources. CVC, Warburg Pincus, Hellman & Friedman, ou même les courtiers Siaci et Aon, se seraient ainsi déjà manifestés par le passé.

Division de moitié de la capitalisation boursière
Mais cette fois pourrait être la bonne. D’abord parce que les fonds en mal de cibles, qui ont beaucoup de capitaux à investir, y voient une opportunité réelle : en dix ans la capitalisation d’April a chuté de quasi-moitié (− 47,2 %). Fin 2007, la société avait même été valorisée jusqu’à 1,88 milliard d’euros.
Ensuite, à soixante-deux ans, son fondateur peut vouloir passer la main et organiser la transition. Enfin, le secteur des courtiers est en ébullition, après les cessions de Siaci (valorisé plus de 1 milliard d’euros pour 350 millions d’euros de revenus, en croissance à deux chiffres) et Albingia (autour de 500 millions d’euros pour plus 220 millions d’euros de primes). April a pour sa part publié mardi un chiffre d’affaires de 748,8 millions d’euros en commissions de courtage et primes d’assurance sur les neuf premiers mois de l’année. « En moyenne, un courtier se valorise entre 12 et 15 fois son Ebitda », indique un banquier M&A du secteur financier. Or les vents porteurs actuels (accès illimité au financement d’acquisition et dette bon marché) pourraient ne pas durer.

Une expansion à marche forcée
Bruno Rousset le sait. Avec un simple diplôme de gestion et de marketing en poche, l’entrepreneur lyonnais a fondé en trente ans un groupe de 3.800 salariés dans 31 pays, servant 15.000 courtiers. Après avoir fait ses armes à la Mutualité française puis au sein du groupe de retraite Upese, il a lancé seul April. Son idée ? S’intercaler entre les assureurs, qui prennent les risques, et les courtiers, pour lesquels il élabore des produits innovants. Dix ans après, il s’est diversifié par les métiers couverts (santé prévoyance, emprunteur, dommages, mobilité et protection juridique) et par les modes de distribution (grande distribution, opérateurs télécoms, agents immobiliers…). Il s’est aussi engagé dans une vaste expansion en Italie, au Royaume-Uni, en Allemagne, en Espagne, en Amérique du Nord et en Europe de l’Est. Et il amorce aujourd’hui un tournant, en se lançant dans le multimarque et le crédit en ligne.

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