Coup de théâtre dans l’assurance. L’une des plus grandes opérations de consolidation en passe d’être finalisée dans le secteur a vécu. Zurich Insurance a finalement renoncé au dernier moment à son projet de racheter RSA pour 5,6 milliards de livres, soit 7,7 milliards d’euros. L’annonce a été faite un jour avant la date butoir pour déposer une offre formelle.

A qui la faute ? Non pas au britannique RSA qui avait déjà effectué un recentrage européen en se séparant de ses opérations en Amérique latine. De même, l’assureur rappelle qu’après inspection de ses comptes par Zurich, rien n’était en mesure de compromettre le rachat.

Un secteur sous pression

C’est donc du côté de l’acquéreur, Zurich, qu’il faut chercher les raisons de l’échec, qui sont principalement financières. En effet, le suisse vient d’émettre un avertissement sur ses résultats du troisième trimestre, faisant savoir qu’il anticipait une perte opérationnelle de 200 millions de dollars au troisième trimestre. Zurich Insurance a notamment fait état, lundi, de pertes cumulées de 275 millions de dollars, liées à la catastrophe de Tianjin en Chine, tout en ajoutant que le coût définitif restait incertain. S’ajoutent des ajustements liés à des contrats automobiles aux Etats-Unis et d’autres activités qui pourraient avoir un impact négatif proche de 300 millions de dollars.

 

Au lieu de se lancer dans une mégafusion avec RSA, Zurich Insurance préfère donc se focaliser sur les «  actions nécessaires » pour redresser ces activités. D’une manière générale, «  la rentabilité du secteur est sous pression, explique un analyste, il est de plus un plus difficile de réaliser de la croissance sans toucher à la marge, l’évolution des ratios combinés est au mieux plate, au pire à la hausse. Et les revenus financiers sont en baisse. »

Quel sera dans ces conditions l’avenir de RSA ? L’annonce a fait perdre lundi à son titre plus de 20 % à 403,3 pence à la Bourse de Londres. Malgré cet impressionnant mouvement, «  le cours de Bourse est retourné au niveau qui précédait l’offre de Zurich », tempère un analyste. La probabilité est néanmoins faible qu’un autre Européen prenne le relais. AXA et Allianz avaient, plus ou moins clairement, fait savoir qu’ils n’étaient pas intéressés. Reste donc les Chinois ou les Japonais. Ces derniers sont plus orientés vers les Etats-Unis, mais ils cherchent par tous les moyens à diversifier leurs activités. 

Etienne Goetz, Les Echos