Gli agricoltori francesi pagano le conseguenza di una siccità eccezionale

86 dipartimenti in Francia hanno assunto misure restrittive sull’acqua, circa 100 comuni sono stati messi in situazione di crisi idrologica. Conseguenze dirette: gli incendi si sono moltiplicati distruggendo 3700 ettari di foreste dal 21 giugno.

Tifenn Clinkemaillié

Quatre-vingt-six départements ont pris des mesures de restriction d’eau, soit une douzaine de plus que fin juillet. Le Gard est particulièrement touché. Près de 100 communes ont été placées en situation de crise hydrologique.
Si l’été touche bientôt à sa fin, la sécheresse, elle, semble bien installée. Quatre-vingt-six départements ont pris des mesures de restriction d’eau, soit douze de plus que fin juillet alors que le deuxième épisode caniculaire de l’été se profilait. Encore plus alarmant, le Gard traverse actuellement une situation de sécheresse « exceptionnelle ». Mercredi, près de 100 communes ont été placées en situation de crise hydrologique par la préfecture.
Interdiction de gaspiller une seule goutte. Dans ces communes, seuls les usages liés à l’alimentation en eau potable, aux exigences de santé, à la salubrité publique, à la sécurité civile et à l’abreuvement des animaux sont autorisés. « Les épisodes pluvieux modérés de ces derniers jours n’ont pas permis de combler les déficits enregistrés sur les cours d’eau et les nappes phréatiques », détaille la préfecture.
3.700 hectares détruits
Conséquence directe : les incendies se sont multipliés dans le département depuis le début de l’été. Le site gouvernemental Prométhée dénombre 62 départs de feu ayant ravagé 985 hectares de forêts, soit le plus lourd bilan depuis vingt-neuf ans. Dans la zone méditerranéenne française, 3.700 hectares de forêts ont brûlé depuis le 21 juin.
« Le mois de juillet a été sec et le mois d’août très contrasté avec des régions comme la Bourgogne, la Lorraine ou le Centre-Val de Loire, qui restent soumises à la sécheresse », analyse Michèle Blanchard, climatologue chez Météo-France. « Il est urgent qu’il pleuve sur ces régions, notamment pour les agriculteurs », détaille-t-elle. Un sentiment partagé par Christophe Jardoux, éleveur de vaches charolaises dans l’Allier. « Nous avons tous été impactés. Le problème, c’est que cela fait quatre ans que nos animaux ne peuvent pas se nourrir d’herbe pendant l’été et que nous sommes obligés d’acheter de la nourriture dès le début du printemps, explique-t-il, habituellement, nous ne les nourrissons que l’hiver. » De son propre aveu, Christophe Jardoux n’a jamais connu une telle situation. Dans certaines zones du département, 70 % des espaces habituellement réservés aux pâturages sont inexploitables. Et c’est un gouffre sans fond. « Quand les trois quarts de la France sont touchés par la sécheresse, tout le monde cherche à s’approvisionner, cela entraîne une surenchère au niveau des prix », déplore l’éleveur, qui fixe à 30.000 euros les dépenses de nourriture pour ses animaux, engendrées par le manque d’eau.
Face à la crise, Didier Guillaume, ministre de l’Agriculture, a autorisé mercredi neuf nouveaux départements à faucher l’herbe restante sur les jachères pour nourrir les troupeaux. Une pratique normalement prohibée par l’Union européenne dans le cadre de la politique agricole commune, car ces espaces sont considérés comme des surfaces d’intérêt écologique. Au total, 69 départements bénéficient de cette procédure de « cas de force majeure ». Christophe Jardoux salue l’initiative, mais regrette qu’elle ne soit pas intervenue plus tôt. « Pour que les surfaces soient de bonne qualité, il fallait récolter au printemps », estime-t-il.
En Provence, les oliviers, pourtant résistants aux fortes chaleurs, courbent aussi l’échine. « On va aller planter des oliviers en Grande-Bretagne », ironise Jean-Pierre Lombrage, qui exploite 600 arbres à Eygalières (Bouches-du-Rhône). « Pour pouvoir faire vivre une partie des olives, les arbres se sont purgés d’environ 10 % des fruits », constate-t-il. Cette année, l’exploitant estime qu’il produira uniquement 380 tonnes d’huile contre 450 tonnes en temps normal.
La tendance ne semble pas près de s’inverser. Les températures sont reparties à la hausse ce week-end, largement au-dessus des valeurs de saison. Ces dernières années, les épisodes de sécheresse se multiplient, selon Michèle Blanchard. « Ces épisodes sont inquiétants, ils impactent tous les aspects du cycle de l’eau. Pour inverser la situation, on espère un remplissage des nappes phréatiques cet hiver. »

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