Les assureurs japonais se ruent sur les Etats-Unis

Les assureurs japonais continuent leurs emplettes aux Etats-Unis. Sumitomo Life Insurance Company a annoncé mardi l’acquisition de Symetra Financial Corporation, une compagnie d’assurance-vie basée dans l’Etat de Washington et cotée à Wall Street, pour 3,7 milliards de dollars (3,34 milliards d’euros). La transaction doit être finalisée d’ici au début du deuxième trimestre 2016. De taille moyenne (629 millions de dollars de primes l’an dernier), Symetra est notamment détenu par White Mountains Insurance Group et Berkshire Hathaway, le holding du milliardaire américain Warren Buffett.

Tir groupé

Avec cette nouvelle opération, c’est un véritable tir groupé que réalisent actuellement les assureurs nippons aux Etats-Unis. En l’espace de quelques mois, ils y ont enchaîné les acquisitions d’envergure, dans le sillage de Dai-ichi Life, qui a pris le contrôle en début d’année de Protective Life pour 5,6 milliards de dollars. En juin, c’était au tour de Tokio Marine Holdings, un géant de l’assurance-dommages, de s’offrir HCC Insurance Holdings pour 7,5 milliards de dollars. Le mois dernier encore, Meiji Yasuda Life rachetait StanCorp Financial Group pour 5 milliards de dollars.

Cet engouement partagé pour les Etats-Unis répond à l’impérieuse nécessité pour les groupes japonais de trouver des relais de croissance hors de l’Archipel, un marché aujourd’hui saturé et confronté au vieillissement de la population. C’est tout particulièrement vrai pour les assureurs-vie.

 

Déjà investi en Chine, au Vietnam et en Indonésie, Sumitomo Life explique ainsi vouloir « diversifier » ses revenus géographiquement. Il dit voir des opportunités de croissance sur le marché de l’assurance-vie aux Etats-Unis, le plus grand au monde devant le Japon.

La poussée des assureurs japonais à l’international devrait se poursuivre. Nippon Life a annoncé au printemps être prêt à dépenser jusqu’à 1.500 milliards de yens (11 milliards d’euros) sur les dix prochaines années dans des acquisitions ou des investissements au Japon et à l’étranger. 

Laurent Thévenin, Les Echos