Le groupe Crédit Agricole veut accélérer dans la retraite collective. Le géant de la gestion d’actifs Amundi – coté, mais détenu à 75,5 % par Casa – et Crédit Agricole Assurances ont annoncé jeudi qu’ils unissaient leurs forces en vue de devenir « référent des entreprises en matière de protection sociale ». L’objectif est de doubler la part de marché du groupe en retraite collective, qui passerait de 8 % à 16 % à l’horizon fin 2019.

Premier étage de la fusée, les deux partenaires mettent d’abord en place une force commerciale commune, chargée d’approfondir les relations en priorité avec les grandes entreprises du SBF 120. « Les DRH nous demandent davantage de simplicité alors que les différents dispositifs de retraites d’entreprise existent, mais sont balkanisés. Les entreprises veulent aussi mieux valoriser chaque euro dépensé », détaillent les partenaires.

Vieillissement de la population

Sur un plan plus pratique, les salariés des entreprises clientes auront accès à une plate-forme Internet intégrant l’ensemble des dispositifs d’épargne collective (Perco, épargne salariale…) et offrant un simulateur retraite complet (incluant donc les régimes obligatoires). Elle affichera en outre un résultat en euros et non en annuités, une simplification présentée comme une première. Enfin, Crédit Agricole compte sur l’offre de gestion d’Amundi pour diversifier l’épargne alors que les seuls placements « tout euro » – typiquement investis en obligations d’Etat – s’essoufflent en raison de l’environnement de taux faibles.

Cette offensive intervient à un moment bien particulier : la population vieillit rapidement – en 2020 un Français sur quatre aura plus de 60 ans – et à l’avenir les futurs retraités pourront moins compter sur les régimes retraite obligatoires, ils s’appuieront davantage sur les régimes d’entreprise. Or, ces derniers restent minoritaires et les dispositifs existants sont difficiles à appréhender pour les salariés et même pour les employeurs. Pour les dirigeants d’Amundi et de Crédit Agricole Assurances, une clarification de ces offres – placées sous un même toit – permettrait de valoriser la retraite comme un avantage social – et non comme un prélèvement – alors que le contexte salarial reste tendu.

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