CNP Assurances va bientôt y voir plus clair sur le marché français. Après avoir finalisé le nouveau partenariat de distribution de ses contrats avec le groupe BPCE en début d’année, l’assureur s’approche de la conclusion d’un accord avec son second partenaire clef, La Banque Postale. « Les négociations sont constructives. Je suis extrêmement confiant dans notre capacité à parvenir à un accord avant la fin de l’année », a confirmé Frédéric Lavenir, directeur général de CNP Assurances, lors de la publication des résultats du groupe jeudi matin.

De fait, selon nos informations, les grands principes de cet accord sont arrêtés et il faut encore finaliser les détails pratiques. Premier changement notable, cet accord devrait s’inscrire dans la durée puisqu’il porterait sur une période plus proche de dix ans que des cinq années traditionnelles. En outre, si les conditions de distribution de la partie épargne seront peu ou prou reconduites, notamment en matière de commissions versées à La Banque Postale, en échange, l’établissement bancaire public accepte d’élargir le partenariat aux contrats d’assurance-vie haut de gamme. Ces derniers faisaient jusqu’ici l’objet d’un autre accord de distribution avec Allianz. Dans ce contexte, des négociations devraient s’ouvrir sur la manière dont les deux partenariats pourront se combiner.

L’évolution la plus importante devrait néanmoins concerner l’activité prévoyance qui était jusqu’à présent confiée à LBP Prévoyance, coentreprise entre CNP Assurances et La Banque Postale. Cette entité a vocation à disparaître, car les deux partenaires vont se partager les différentes activités en cohérence avec leur stratégie. La Banque Postale devrait ainsi récupérer la santé, tandis que CNP Assurances reprendrait la gestion complète de l’assurance-emprunteur. Une sorte de séparation à l’amiable entre ces deux partenaires dont les liens sont aussi capitalistiques.

Pacte d’actionnaires

 

Les actionnaires de CNP Assurances – la Caisse des Dépôts, La Banque Postale, le groupe BPCE – ont d’ailleurs prolongé leur pacte comme prévu pour deux ans, jusqu’en 2017. A cette échéance, l’un ou l’autre des deux réseaux distributeurs pourraient néanmoins décider de réévaluer l’opportunité de rester au capital du premier assureur-vie français.

En attendant, le groupe profite de résultats bien orientés. Au premier semestre, il affiche un résultat net en hausse de 2,4 %, à 615 millions d’euros, pour un chiffre d’affaires de 16,23 milliards d’euros en hausse de 2,9 %. En France, il a notamment bénéficié d’une forte progression de sa collecte en unités de compte qui représente 17,8 % de ses contrats épargne et retraite, contre 11,6 % il y a un an. En Amérique latine, son activité a bondi de 27,8 %, tandis qu’en Europe, exception faite de la France, le groupe a profité de l’intégration de CNP Santander Insurance pour faire croître son chiffre d’affaires de 2 %. 

Sharon Wajsbrot swajsbrot@lesechos.fr et Ninon Renaud, Les Echos