Gestioni assicurative: la LBPAM vuole creare un campione europeo

La fusione delle gestioni della Banque Postale Asset Management e di Ostrum dovrebbe creare un nuovo importante gruppo. La Banque Postale Asset Management (LBPAM) si appresta a vendere una parte significativa del patrimonio gestito, senza rimpianti. “Da due anni e mezzo lavoriamo sul presupposto che il calo dei tassi d’interesse non sia ciclico ma strutturale”, spiega Daniel Roy, presidente del consiglio di amministrazione della filiale di gestione patrimoniale di La Banque Postale, a Les Echos. “La gestione patrimoniale deve fare molta strada per adattarsi a questa nuova realtà. Nella gestione dei tassi non esiste più la rendita obbligazionaria che ha permesso di remunerare contemporaneamente l’assicuratore, il gestore e la rete di distribuzione. L’unico modo per sopravvivere è raggiungere una massa critica per ridurre i costi di produzione. La situazione attuale sembra difficile da sostenere. Molti gestori di patrimoni assicurativi vincolati addebitano alla casa madre da 4 a 8 punti base per la loro gestione. Questo non è sostenibile quando il prezzo ‘reale’ è molto più basso”, denuncia.

Bastien Bouchaud
Le rapprochement des gestions taux euro de La Banque Postale Asset Management et d’Ostrum doit donner naissance à un nouvel acteur de poids. Les gestionnaires souhaitent accueillir à terme de nouveaux partenaires.
La Banque Postale Asset Management (LBPAM) s’apprête à se séparer d’une part significative de ses encours sous gestion, et sans regrets. « Depuis deux ans et demi, nous travaillons à partir de l’hypothèse que la baisse des taux d’intérêt n’est pas conjoncturelle mais structurelle », explique aux « Echos » Daniel Roy, le président du directoire de la filiale de gestion d’actifs de La Banque Postale.
« La gestion d’actifs doit faire un chemin considérable pour s’adapter à cette nouvelle réalité. Dans la gestion de taux, la rente obligataire qui permettait de rémunérer à la fois l’assureur, le gérant et le réseau de distribution n’existe plus. La seule solution pour survivre est d’atteindre une masse critique pour baisser les coûts de fabrication. » La situation actuelle lui paraît difficilement pérenne. « Beaucoup d’asset managers captifs d’assureurs facturent leur gestion 4 à 8 points de base à leur maison mère. Ce n’est pas tenable quand le ‘vrai’ prix est largement inférieur », dénonce-t-il.
Fort de ce constat, LBPAM s’est approché de spécialistes européens de la gestion assurantielle en vue de regrouper leurs forces. Les discussions se sont récemment accélérées avec Natixis du fait du rapprochement entre La Poste et CNP Assurances. L’enjeu pour CNP Assurances est de regrouper l’ensemble de ses encours et de rationaliser la création de produits d’assurance-vie standards.
La question du contrôle, principal écueil à ce type d’opérations, a déjà été tranchée. Natixis obtiendra le contrôle de l’entité, ce qui leur permettra de continuer à consolider cette activité, un enjeu important pour la filiale cotée du groupe BPCE. En revanche, la structure juridique de la plate-forme reste à déterminer. Nouvelle société de gestion commune ou regroupement au sein d’Ostrum en contrepartie d’une participation au capital : les options restent ouvertes. « L’outil informatique sera probablement déterminant, l’objectif étant de privilégier le plus efficace tout en minimisant les risques opérationnels », indique Daniel Roy.
Opportunité
De même, le détail des encours qui seront regroupés au sein de cette structure doit encore être précisé. Les sociétés ont indiqué viser 400 milliards d’euros d’encours sous gestion au lancement de cette plate-forme. A la fin du premier trimestre, Ostrum détenait 265 milliards d’euros, dont 85,5 %, soit environ 227 milliards, en obligataire. Du côté de LBPAM, on estime qu’environ 180 milliards pourraient être transférés sur la plate-forme sur les 230 milliards d’euros d’encours de la filiale de La Banque Postale. LBPAM compte ainsi se concentrer sur sa gestion active. « Contrairement à la gestion obligataire assurantielle, la taille n’est pas un critère déterminant dans la recherche d’alpha [capacité à battre le marché, NDLR]. Dans ce domaine, nous pouvons encore peser sur les prix », poursuit-il.
Au-delà des considérations propres à LBPAM, Daniel Roy voit dans cette opération une opportunité de faire émerger un champion européen. « Il y a plus de 6.000 milliards d’euros d’encours en gestion assurantielle en Europe et si nous ne réagissons pas rapidement, ce sont les géants américains de la gestion indicielle qui vont rafler la mise », prévient-il. Pour lui, la future structure commune a vocation à s’ouvrir à d’autres partenaires. « L’assureur néerlandais Aegon, qui détient 25 % du capital de LBPAM, regarde de près l’opération », souligne-t-il. La société de gestion a déjà mené plusieurs rapprochements par le passé (Malakoff Mederic Humanis, Aegon). Ces deux dernières années, elle a également discuté avec de nombreux acteurs tentés par une mutualisation de leur gestion assurantielle. Pour autant, il faudra attendre la conclusion de l’opération en cours, au plus tôt l’an prochain, pour que de nouveaux acteurs puissent se joindre au projet.
Les chiffres clefs 265 milliards d’euros
Encours détenus par Ostrum.
180 milliards d’euros
Encours détenuspar LBPAM.

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