Swiss Life France se renforce dans la gestion « actions »

La maison est petite, mais elle a pignon sur rue. Prigest a bâti sa notoriété en particulier grâce à son fonds ValFrance, et gère aujourd’hui près d’un milliard d’euros d’encours pour 260 clients privés et institutionnels. À 66 ans, Christian Cambier, son président fondateur, souhaitait mettre son entreprise à l’abri. Il a donc décidé d’ouvrir son capital et choisi Swiss Life Banque Privée pour protéger et faire fructifier son affaire. La filiale de la compagnie d’assurance a conclu une prise de participation de 25 % dans Prigest le 1er juin, puis compte devenir son actionnaire majoritaire d’ici deux ans, pour aboutir ensuite à une fusion. « La meilleure manière de rater une fusion est de rentrer en conquérant dans l’entreprise. Avant de se marier, on se fiance. Et a priori, lorsqu’on se fiance, c’est dans l’objectif de se marier! », explique Tanguy Polet, directeur général de Swiss Life Banque Privée. Les deux parties sont pragmatiques : pas de fusion des systèmes d’information pour l’instant, les synergies recherchées sont d’abord commerciales. La gamme d’OPCVM de Prigest, dont ValFrance est le « vaisseau amiral », selon Christian Cambier, vient ainsi compléter l’offre existante du banquier privé. Ces fonds seront aussi distribués par les autres réseaux de l’assureur, via ses contrats d’assurance-vie multisupports. « Notre projet serait que Prigest accélère à terme le développement de notre pôle actions. C’est un savoir-faire complémentaire pour notre groupe, notamment pour sa clientèle privée », confirme Tanguy Polet.

Autres opportunités

Cette opération consolide la stratégie de Swiss Life : la clientèle patrimoniale représente en effet 42 % des encours des contrats d’assurance-vie multisupports, et la part investie par les assurés dans les unités de compte est traditionnellement plus élevée que le reste du marché (22 % fin 2010, contre 13 % pour le marché).

Le banquier privé ne s’interdit pas cependant d’étudier d’autres opportunités. D’autant plus qu’il est bénéficiaire depuis 2010 : après avoir racheté les fonds de commerce d’Arpège Finance et Fideuram Wargny en 2007, son encours s’élève aujourd’hui à près de 3 milliards d’euros, en hausse de 8 % en 2010, pour 5.000 clients. « Il est dans notre stratégie de nous développer, à la fois de façon organique et par croissance externe. Si un dossier se présentait, nous le regarderions, mais notre priorité est aujourd’hui le succès de ce rapprochement avec Prigest », ajoute Tanguy Polet. L. F.