AIG prépare la succession de Robert Benmosche

Alors que se tenait lundi l’assemblée générale des actionnaires d’AIG, la question qui occupait tous les esprits portait sur la succession de Robert Benmosche, soixante-neuf ans. Après cinq ans à la tête du géant américain de l’assurance, celui-ci doit transmettre les rênes du groupe d’ici à la fin de l’année. Robert Benmosche est traité pour un cancer et souhaite en effet prendre du recul, notamment pour se consacrer à son vignoble croate.

Jusqu’à une date encore récente, c’est Peter Hancock, cinquante-cinq ans, le chef des activités d’assurance-dommages du groupe, qui faisait figure de favori. Né à Londres, il a grandi à Hong Kong et son père était déjà dans l’industrie de l’assurance. Il a fait une brillante carrière chez JP Morgan, où il a occupé les fonctions de directeur financier. Il a été embauché par AIG en 2010 pour gérer les risques auxquels était exposée la société. Dès l’année suivante, il était promu à la tête de l’assurance-dommages, basée à New York et perçue comme le coeur de l’entreprise.

Mais voilà, une autre figure a impressionné, au cours des dernières années, par ses résultats opérationnels. Il s’agit de Jay Wintrob, cinquante-sept ans, qui dirige l’activité d’assurance-vie et de prévoyance. Il est chez AIG depuis plus longtemps, depuis 1999, quand le géant de l’assurance a pris le contrôle de SunAmerica, dont il était le directeur opérationnel. Jay Wintrob est à la tête de l’assurance-vie depuis 2009 et semble prêt à prendre la tête de l’entreprise. Il ne le dit pas en public, mais il a un lobbyiste de poids qui appuie son dossier : Eli Broad. Le cofondateur du groupe Kaufman & Broad, qui a embauché Jay Wintrob chez SunAmerica en 1987. « Je connais beaucoup de monde chez AIG et personne qui soit plus qualifié pour en être le patron », a déclaré Eli Broad, qui reste un des tout premiers actionnaires individuels de la compagnie d’assurances.

AIG n’a pas fait de commentaire officiel sur la préparation de la succession de Robert Benmosche qui aille au-delà du constat suivant : «  Sélectionner le directeur général est l’une des plus grandes responsabilités du conseil d’administration. Le conseil a déjà passé un temps considérable à planifier la succession de M. Benmosche et à évaluer les candidats internes comme externes. » Selon le « Wall Street Journal », il est désormais improbable que le conseil opte pour une candidature externe.

Quel que soit le nouveau patron, il devra donner un nouvel élan à AIG, qui a passé les dernières années à se remettre des conséquences désastreuses de la crise financière de 2008. La compagnie avait acheté beaucoup de produits toxiques qui ont failli l’emporter. Elle n’a dû sa survie qu’à une aide publique fédérale gigantesque d’un total de 180 milliards de dollars. AIG a tout remboursé dès 2012 et a pu recommencer à verser un dividende à ses actionnaires en 2013. Mais la société, après de nombreuses cessions, ne pèse plus que la moitié de ce qu’elle était avant la crise.

Karl De Meyer
Bureau de New York