Les événements climatiques ont stimulé l’activité de l’assistance en 2010

Le chiffre d’affaires des assisteurs a doublé en sept ans.

La branche automobile reste le principal moteur de la croissance du secteur. L’assistance a le vent en poupe. Après une croissance record en 2009 (+ 17,5 %), le secteur continue d’afficher des performances remarquables. Le syndicat national des sociétés d’assistance (SNSA), qui représente 96 % des assisteurs, a annoncé jeudi une activité en hausse de 9 % l’année dernière. En sept ans, le chiffre d’affaires réalisé en France a pratiquement doublé et dépasse désormais les 2 milliards d’euros. Au niveau mondial, il a augmenté de 85,6 % pour s’établir à 5,3 milliards d’euros. La multiplication de catastrophes naturelles en 2010 a soutenu l’activité. Ces événements ont entraîné une augmentation des sollicitations : les plateaux d’assistance ont reçu au total 45 millions d’appels téléphoniques en 2010. Et le nombre des dossiers traités a atteint 7. 813.000, soit 820.000 dossiers supplémentaires par rapport à 2009. Pannes électroniques L’assistance automobile, dont le chiffre d’affaires augmente de 13,5 %, continue de tirer la croissance du secteur. Cette branche de l’assistance représente plus de 70 % des dossiers traités. Elle a été tirée par la hausse du tourisme en France, les pays d’Afrique du Nord étant délaissés en raison des perturbations sociales et politiques. Les conditions climatiques rudes de l’hiver dernier ont par ailleurs provoqué des gels de batterie à répétition et donc davantage d’interventions. En outre, avec le renforcement de l’électronique dans les véhicules, les pannes représentent 81 % des dossiers d’assistance auto. La recrudescence des interventions n’a pas entraîné un accroissement des coûts pour les sociétés d’assistance. « Un certain nombre de phénomènes – comme une éruption volcanique ou un séisme – sont exclus des garanties et n’engagent donc pas de prise en charge du rapatriement, explique Nicolas Gusdorf, président de la SNSA, les sociétés d’assistance se doivent de proposer des services de retour au pays mais aux frais du client ». Dans de telles conditions, l’assistance médicale et voyage, dont la principale prestation reste le rapatriement, ont connu une diminution de 11 % du chiffre d’affaires. Cette baisse tendancielle s’explique principalement par l’amélioration de la qualité générale des structures de soins à l’étranger et par le fait que les voyageurs sont mieux avertis des risques liés à leur destination et préparent donc mieux leurs voyages. En 2011, la profession compte poursuivre le développement des services à domicile (+ 16 % en 2010) et notamment de l’assistance dépendance. Selon Nicolas Gusdorf, « si cette activité récente à un bel avenir, elle doit encore trouver sa place et son modèle économique dans un secteur encore dominé par les associations, les bénévoles et le travail au noir ». Julien Bonnet