Le Trésor américain tente de vendre sur le marché 15 % du capital d’AIG

Plus de deux ans et demi après son sauvetage, AIG tente de convaincre les investisseurs de son retour en grâce. Mais la partie reste serrée pour l’assureur américain, dont le cours a chuté de 38 % depuis le début de l’année. Encore actionnaire à 92 % du groupe, le Trésor américain s’apprête à mettre en vente aujourd’hui 15 % de ses actions, pour une valorisation estimée à 9 milliards de dollars. Le prix de l’action, qui devait être fixé hier soir par le Trésor, devrait se situer entre 29 et 30 dollars le titre. Mais la compagnie, dirigée par Robert Benmosche, a émis hier une« clarification » visant à souligner que deux régulateurs n’ont pas validé la solidité des réserves de sa filiale IARD Chartis, qui prévoit 1 milliard de dollars de pertes avant impôt au premier trimestre.

Vers un désengagement total

« L’Office of the Special Inspector for the Troubled Asset Relief Program n’a passé en revue ni la valorisation ni les réserves de Chartis », précise AIG dans son « filing », tout en ajoutant que les réserves de sa branche d’assurances-dommages n’ont pas non plus été validées par le GAO (Government Accountability Office). En dépit de ces mises en garde, Robert Benmosche entend convaincre les investisseurs que le groupe a des réserves suffisantes après sa décision de passer une provision de 4,2 milliards au quatrième trimestre pour faire face à des carences éventuelles. Le Trésor prévoit de mettre sur le marché 200 millions de titres, tandis qu’AIG va céder une tranche supplémentaire de 100 millions d’actions. Sur la base du cours de clôture de lundi (29,98 dollars), l’opération devrait permettre à l’assureur de lever près de 9 milliards.

Pour le Trésor, qui entend réduire sa part de 92 % à 77 % dans le capital de l’assureur, l’objectif est de vendre à un prix supérieur à 28,70 dollars par action afin de ne pas afficher de moins-value. Le patron d’AIG a prévu un désengagement total du Trésor d’ici à la mi-2012. Mais les analystes restent sceptiques sur les perspectives du groupe américain, qui a cédé l’essentiel de ses activités à potentiel de croissance. Malgré ce scepticisme ambiant, et sauf surprise de dernière minute, les banques chargées de l’opération semblent avoir reçu des manifestations d’intérêt d’investisseurs tant américains qu’étrangers pour assurer la totalité du placement.

BUREAU DE NEW YORK
PIERRE DE GASQUET