SCOR: il fondo CIAM non vuole Denis Kessler alla presidenza

L’hedge fund – che detiene lo 0,94% della compagnia francese – chiederà all’assemblea generale che Denis Kessler lasci il suo posto di presidente, rimanendo comunque ad. CIAM punta alla separazione dei poteri tra presidente e ceo.

Laurence Boisseau
et Laurent Thévenin

Le hedge fund demandera à l’assemblée générale que Denis Kessler quitte son poste de président pour rester seulement directeur général.
L’assemblée générale de SCOR, qui se tiendra le 26 avril prochain, risque d’être agitée. Le fonds d’investissement CIAM (Charity Investment Asset Management), qui détient 0,94 % du groupe de réassurance français, a déposé une résolution pour demander que le PDG Denis Kessler quitte son poste d’administrateur.
« Nous voulons séparer les fonctions de président et de directeur général. Denis Kessler est omniprésent et omnipotent. SCOR ne lui appartient pas. La société appartient à ses actionnaires », explique Catherine Berjal, qui a cofondé CIAM avec AnneSophie d’Andlau. Le hedge fund est entré au capital de SCOR début septembre quand Covéa, le groupe d’assurance mutualiste et premier actionnaire de SCOR, a révélé avoir proposé, en vain, une offre de rachat. Denis Kessler, PDG du groupe depuis novembre 2002, s’est opposé à cette opération. Dans le schéma présenté par CIAM, Denis Kessler resterait directeur général. Pour le poste de président, CIAM recommande de nommer l’un des administrateurs indépendants actuels.

Séparation des pouvoirs
Le fonds estime que « Kory Sorenson ou Bruno Pfister sont hautement qualifiés pour diriger le conseil d’administration de SCOR ». CIAM va prendre son bâton de pèlerin et tenter de convaincre les autres actionnaires de la nécessité de séparer les fonctions. Notamment Covéa qui détient un peu plus de 8 % du capital. En outre, le hedge fund votera contre le renouvellement d’Augustin de Romanet, le PDG d’Aéroports de Paris (ADP), comme administrateur. « Il n’est pas indépendant et en tant qu’administrateur référent, il ne remplit pas ses fonctions de contre-pouvoir », assène Catherine Berjal. Le fonds votera aussi contre la rémunération de Denis Kessler, qu’il juge trop élevée. Dans un long communiqué, SCOR « appelle ses actionnaires à rejeter le projet de résolution présenté par CIAM et à voter en faveur des projets de résolution proposés par le Conseil d’administration ». Le réassureur fustige « des affirmations gravement infondées, erronées et trompeuses dans le but de déstabiliser SCOR ». Concernant son modèle de gouvernance, il affirme qu’il « a démontré sa pertinence au cours des dernières années » et « est tout à fait aux bonnes pratiques de gouvernance décrites dans le code Afep-Medef ».
Quant aux émoluments de Denis Kessler, un « benchmark » réalisé par le cabinet Mercer en 2018 pour le comité des rémunérations et des nominations « conclut que le positionnement de la rémunération globale du PDG de SCOR (tous éléments de rémunération inclus) est aligné avec la pratique du marché », insiste le réassureur. Réuni lundi, son conseil d’administration a réaffirmé « à l’unanimité son total soutien à Denis Kessler et Augustin de Romanet », fait-il savoir. « En dehors d’ADP et de SCOR, je ne suis administrateur d’aucune autre société cotée. Ces personnes ne savent pas ce qui se passe au sein du conseil de SCOR et ne font que déstabiliser la société », déclare, de son côté, aux « Echos » Augustin de Romanet.

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