Francia: l’età di pensionamento media si avvicina ai 63 anni

L’età media di pensionamento aumenta in Francia. Nel settore privato ha raggiunto i 62 anni e 8 mesi nel 2018 e 63 anni per le donne. Due mesi e mezzo in più dell’anno precedente. E’ quanto emerge dai dati pubblicati dalla Caisse nationale d’assurance-vieillesse. Questa è una tendenza importante: nel 2011 erano 62 anni e nel 2007 61 anni.
Questo sviluppo non è una coincidenza ed è dovuto alle recenti riforme delle pensioni. L’età legale di pensionamento è stata gradualmente innalzata da 60 a 62 anni, l’età piena (senza sconto) da 65 a 67 anni tra il 2016 e il 2022, e il numero di periodi contributivi necessari per godere di una pensione completa è ancora in aumento – presto saranno 42 anni.

Solveig Godeluck

L’âge de départ à la retraite moyen au régime général du secteur privé a atteint 62 ans et 8 mois en 2018, et même 63 ans pour les femmes. Les départs anticipés ont été eux aussi plus tardifs l’an passé, après 60 ans.
Inexorablement,l’âge moyen du départ effectif à la retraite recule. Selon la Caisse nationale d’assurance-vieillesse, qui a publié lundi les statistiques 2018 du régime général du secteur privé, il s’est élevé à 62 ans, 8 mois et deux semaines l’an passé. Deux mois et demi de plus que l’année précédente. C’est une tendance de fond : en 2011, il était de 62 ans, et en 2007, de 61 ans.
Cette évolution ne doit rien au hasard et tout aux récentes réformes des retraites. L’âge légal de départ a été porté progressivement de 60 à 62 ans, l’âge du taux plein (sans décote) doit passer entre 2016 et 2022 de 65 à 67 ans, et le nombre de trimestres cotisés nécessaires pour jouir d’une retraite complète est encore en train d’augmenter – il sera bientôt de 42 ans.
L’âge de la retraite dans le secteur privé approche 63 ans. Cela relativise l’impact du bonus-malus qui est entré en vigueur en janvier à l’Agirc-Arrco, et qui a pour objectif d’inciter les actifs à travailler une année de plus : beaucoup le font déjà.

Le Haut-Commissariat à la réforme des retraites cherche aussi des moyens d’inciter les Français à partir plus tard que l’âge légal de 62 ans, avec une surcote qui pourrait commencer à 63 ans. La retraite à 62 ans étant pleinement montée en charge depuis un an, elle ne fait plus progresser l’âge de départ, alors que la proportion d’actifs qui cotisent pour financer les pensions des aînés va continuer à diminuer. Le nouvel « âge-pivot » pourrait donc être mobile, pour s’acheminer doucement vers 64 ans.
Pour adoucir la pilule des retraites plus tardives, le législateur a assoupli le dispositif de départs anticipés bénéficiant aux assurés qui ont commencé à travailler très jeunes, ou bien qui souffrent d’un handicap. De ce fait, la proportion de personnes prenant leur retraite entre 56 ans et l’âge légal a bondi. Elle est passée de 4 % en 2009 à 28 % en 2016 au sein du régime général. Depuis ce pic, elle est redescendue à 23 % en 2018, avec 152.900 retraites anticipées sur 666.400 attributions de droits directs.
Vie active prolongée pour les femmes
Quand on fait abstraction de ce flux de départs anticipés, l’âge moyen de la retraite grimpe vite. Il a dépassé 63 ans pour le régime général du secteur privé dès 2014 et continue à progresser.
Mais les départs anticipés ont, eux aussi, évolué pour se faire plus tardifs. En 2018, selon l’Assurance-vieillesse, 2.700 personnes seulement ont pu partir avant l’âge de 60 ans (0,8 % des départs anticipés), alors que plus de 40.000 assurés l’avaient fait en 2013. Tous assurés confondus, une autre population est habituée aux vies actives prolongées : il s’agit des femmes, qui ont souvent des carrières plus heurtées et qui doivent se rattraper en travaillant plus tard. En 2018, leur âge de départ moyen a augmenté de 2 mois et demi pour s’élever à 63 ans pile.

Le dilemme des régimes spéciaux
S. G.
Le haut-commissariat à la réforme des retraites pose la question du maintien ou non des départs anticipés pour les « catégories actives » dans le futur régime universel par points. Le statu quo n’est pas exclu.
Les régimes spéciaux sont-ils solubles dans le futur régime universel de retraite ? C’était en tout cas la promesse électorale d’Emmanuel Macron, qui avait trouvé dans la refonte complète du système un moyen élégant d’escamoter cet éternel abcès de fixation. Le haut-commissaire à la réforme des retraites, Jean-Paul Delevoye, a mis le sujet sur la table dans le cadre de la concertation qui court jusqu’en mai. La semaine dernière, ses équipes se sont penchées avec les partenaires sociaux sur les départs anticipés dont bénéficient les salariés en « catégorie active », dans la fonction publique et dans les régimes spéciaux (SNCF, EDF, etc.).
Comme à son habitude, le haut-commissaire a plutôt goûté la température du bain qu’annoncé la couleur. Le document de travail fourni aux partenaires sociaux radiographie les « catégories actives ». Ces assurés sont 765.000 dans la fonction publique, à 59 % à l’hôpital (aides-soignants, agents des services hospitaliers, personnel paramédical de catégorie B…) et 23 % dans l’appareil d’Etat. Le document ne dénombre pas, en revanche, les « catégories actives » des autres régimes spéciaux (SNCF, RATP, salariés sous statut des industries électriques et gazières, Banque de France, Opéra de Paris, Comédie française, marins…).

Il évoque la possibilité de conserver les spécificités liées à ce statut – essentiellement une possibilité de départ anticipé à 52 ou 57 ans, l’âge moyen effectif étant de 56,7 ans pour un policier et de 58,3 ans pour une aide-soignante. Mais alors il faudra justifier pourquoi une salariée du bas de l’échelle à l’hôpital partirait plus tôt qu’en clinique dans un régime universel. Les réformateurs devront également décider entre financer cette dérogation par la solidarité nationale, ou par les employeurs publics.
L’autre option serait une « harmonisation des droits au départ entre secteur public et privé », un processus lent, avec une phase de transition. C’est la méthode qui a prévalu jusqu’à ce jour pour réformer les régimes spéciaux, si l’on oublie la tentative de 1995, qui fut justement un échec. Les « catégories actives » de La Poste sont en cours de fermeture depuis 1997, le corps des instituteurs est mis en extinction depuis 2003, et les personnels paramédicaux de catégorie B depuis 2010.
Mais harmoniser les droits ne signifie pas que les « catégories actives » devraient être privées de départ anticipé. Dans la fonction publique hospitalière, 207.000 aides-soignants effectuent des travaux fatigants, 127.000 policiers, 29.000 surveillants de prison et 28.000 pompiers prennent des risques tous les jours pour leurs concitoyens… Or justement, les « catégories actives » ne bénéficient pas du nouveau dispositif de pénibilité.
La logique de l’universalité, souhaitée par Emmanuel Macron, voudrait que les critères de départ anticipé soient les mêmes pour tous, sans considération du statut professionnel. La pénibilité peut être l’un de ces outils universels, à l’instar de la carrière longue, de l’invalidité et de l’inaptitude.

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