La parola fintech ancora poco conosciuta dai francesi

EDOUARD LEDERER

LE TERME RESTE MÉCONNU POUR 83 % DES FRANÇAIS. MAIS LES CONSOMMATEURS PLÉBISCITENT DÉJÀ CES NOUVEAUX SERVICES FINANCIERS.
Un inconnu nommé « fintech ». Alors que

les jeunes pousses alliant nouvelles technologies et expertise financière inquiètent ou stimulent
au plus haut niveau les dirigeants des banques, le néologisme utilisé pour caractériser ces nouveaux acteurs reste très largement méconnu des Français. Selon un sondage Harris Interactive pour Deloitte (réalisé auprès d’un échantillon de 2.000 personnes), 83 % des 18-70 ans ne savent pas ce que ce terme recouvre… certains le confondant même avec le fitness ! Est-ce à dire que les banques ont tort de tant communiquer sur le sujet ou de collaborer avec les jeunes loups de la finance 2.0 ? Certainement pas, puisque les consommateurs font de la prose sans le savoir, et se montrent dans les faits plutôt réceptifs aux innovations de la finance numérique.
Dans le détail, 26 % des personnes sondées déclarent se servir d’un comparateur de prix et de services. Plus étonnant, les services de

transfert d’argent et de cagnottes
ainsi que les sites de la finance participative seraient employés par 15 % de la population. C’est du moins ce que les personnes interrogées déclarent, sans certitude quant aux volumes d’affaires effectivement réalisés par ces acteurs. A noter que les clients les plus intéressés par ces nouveaux services sont en moyenne plus jeunes, plus diplômés et davantage installés dans les centres urbains (voir ci-dessous), ce qui en fait une clientèle de choix, prête à payer pour des services qu’elle trouve utile.
Une forte attente dans l’assurance
Autre indicateur du potentiel des fintechs auprès du grand public, les consommateurs seraient intéressées par des services encore peu développés ou tout juste émergents. En particulier

dans le domaine de l’assurance
, un débouché évident pour les bancassureurs français. « L’assurance habitation connectée » qui s’appuierait sur les données collectées par une flottille de capteurs connectés au domicile intéresserait… 64 % des consommateurs. « De telles offres mettront encore quelques années à se diffuser, le temps que les foyers s’équipent massivement et que la donnée soit remontée », souligne Julien Maldonato, directeur en conseil fintech disruptor chez Deloitte. Autre service d’avenir, l’agrégation de contrats d’assurances (attendue par 63 % des personnes interrogées) qui permettrait de connaître précisément le niveau de couverture d’un foyer : il s’agit d’éviter que certains risques soient couverts deux fois, alors que d’autres ne le sont pas.
Pour développer ces marchés, banques traditionnelles et jeunes start-up financières ont clairement intérêt à marcher main dans la main. Les premières ont besoin d’innover, alors que, toujours selon le sondage, 25 % des clients auraient « envie » de quitter on établissement pour souscrire à ces nouveaux services. A l’inverse, 44 % seraient prêts à « renforcer » leur relation avec une banque ou un assureur qui proposerait ces innovations. Du côté des fintechs, travailler avec la banque est tout aussi nécessaire, car elles ont du mal –

faute de notoriété ou de capital confiance
– à toucher le très grand public. Nombre d’entre elles opèrent d’ailleurs discrètement un pivot, passant du service aux particuliers (B2C) au service aux professionnels (B2B).
À noter
Les gendarmes des marchés (AMF) et des banques (ACPR) ont annoncé lundi un partenariat avec l’autorité monétaire de Singapour (MAS) dans le domaine des fintechs. Leur but ? Mieux suivre les innovations et favoriser les échanges entre leurs marchés.
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