Changement dans la continuité chez Munich Ré. Le second réassureur mondial a nommé mardi Joachim Wenning, cinquante et un ans, pour prendre la présidence du groupe à partir de fin avril 2017. Il succédera à Nikolaus von Bomhard, en poste depuis 2004. Comme ce dernier, Wenning est un pur produit maison. Entré au directoire en 2009, il a actuellement la charge de la branche vie et des ressources humaines. Les défis qui l’attendent sont nombreux, à commencer par celui de succéder à l’un des patrons les plus respectés en Allemagne.
Largement inconnu lorsqu’il fut désigné comme huitième patron de Munich Ré depuis 1880, Nikolaus von Bomhard, juriste de formation, devait composer avec la chute des Bourses et les suites des attentats de septembre 2001 à New York. Depuis, ce patron perçu comme un intellectuel doublé de bonnes manières, apprises de sa famille de nobles, a réussi à aligner de solides performances financières, même les années marquées par de fortes catastrophes naturelles.
« Bilan remarquable »
Sa gestion prudente aura consisté à réduire la voilure côté risques et à donner la priorité à la profitabilité des contrats de réassurance. La part des actions dans le portefeuille de placements a par ailleurs été réduite à moins de 5 %, contre 15 en 2006. L’an passé, le résultat net, à 3,1 milliards d’euros, était légèrement en recul mais dans la tendance d’une branche qui dégage moins de marges qu’avant.
« Le bilan de l’actuel président du directoire est remarquable », résume l’analyste Jochen Schmitt, chez Metzler : « la dotation en capital est extrêmement forte au regard des exigences de solvabilité sous Solvency II, le résultat dans la branche réassurance non-vie a été correct ces dernières années et les actionnaires ont bénéficié d’importantes distributions sous forme de rachats d’actions et de dividende ». Celui proposé lors de la prochaine assemblée offre, à 8,25 euros par action, une rentabilité parmi les plus élevées au sein du DAX.
Joachim Wenning prendra le relais dans des temps marqués par une chute continue des prix des primes d’assurance et des taux d’intérêt maintenus à leur plus bas niveau. Dans une interview publiée sur le site Internet de la compagnie, il évoque des « aménagements » incontournables dans cet environnement, sans en dire plus. Mais un de ses chantiers prioritaires pourrait être le redressement de la filiale d’assurance Ergo, qui a affiché une perte de 200 millions d’euros l’an dernier.
Nikolaus von Bomhard, qui va fêter ses soixante ans cette année, ne va pas s’éclipser bien longtemps. La presse le voit prendre la présidence du conseil de surveillance du groupe après une période de carence obligatoire de deux ans, soit début 2019. Cette date coïnciderait avec la fin de mandat de l’actuel président de l’organe, Bernd Pischetsrieder, ancien patron de Volkswagen.

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