Trou d’air pour le Lloyd’s en 2015. Le grand marché londonien de l’assurance spécialisée et de la réassurance a publié un résultat net de 2,1 milliards de livres (2,65 milliards d’euros) pour l’exercice écoulé, en baisse de 30 % par rapport à 2014. Les revenus financiers ont particulièrement souffert, dans un contexte de taux bas. Le produit des placements financiers est ainsi tombé au plus bas, à 402 millions de livres, contre 1 milliard en 2014.
La pression persistante sur les prix de l’assurance – en particulier pour l’aviation, les dommages aux biens ou l’énergie – a également pesé, explique aux « Echos » Inga Beale, sa directrice générale. Le Lloyd’s a cependant vu ses primes brutes émises augmenter de 6 %, à 26,7 milliards de livres. « Il y a notamment une demande croissante pour le cyberrisque, les risques politiques ou le risque terroriste », indique la dirigeante.
Alors que le poids des grands sinistres est resté inférieur en 2015 à la moyenne enregistrée sur une longue période, le Lloyd’s a vu son ratio combiné (sinistres et frais rapportés aux primes) se détériorer de 88,4 % à 90 %. Mais « il reste meilleur » que pour les grands assureurs et réassureurs mondiaux, souligne Inga Beale.
Pour 2016, elle « n’anticipe pas de changement » dans l’environnement tarifaire. Mais le Lloyd’s « est dans une position très solide », affirme-t-elle. Ses capitaux atteignaient 25,1 milliards de livres à la fin 2015, contre 23,4 milliards un an plus tôt. Le Lloyd’s – qui réalise encore plus des trois-quarts de son chiffre d’affaires en Amérique du Nord et en Europe – poursuit aussi son implantation dans les marchés émergents, avec l’ouverture en 2015 de bureaux à Pékin et à Dubaï.
Une option pour grandir
Inga Beale juge, par ailleurs, « positives » les opérations de fusions-acquisitions ayant concerné en 2015 huit assureurs du Lloyd’s. Un mouvement qui, selon elle, pourrait se poursuivre. « Il n’y a pas beaucoup de croissance dans le secteur et les prix sont sous pression. Une option pour grandir est donc de faire des acquisitions », dit-elle.
Interrogée sur la position du Lloyd’s face à un possible Brexit, Inga Beale répond : « Nous croyons fortement qu’un maintien de l’adhésion du Royaume-Uni à l’Union européenne serait le meilleur résultat pour nous ». Cela étant, « nous préparons des plans d’urgence dans l’éventualité d’une sortie de l’UE ».
Laurent Thévenin, Les Echos
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