Nommé à la tête de Generali jeudi dernier, le Français Philippe Donnet, qui dirigeait jusqu’alors les opérations italiennes, n’a pas tardé à fixer la ligne d’horizon de l’assureur. Dès le lendemain, à l’occasion de la publication des résultats, il a confirmé l’intention affichée par son prédécesseur, Mario Greco, de faire de Generali « le leader de l’assurance de particuliers en Europe ».
Le groupe a confirmé son redressement, enregistrant un résultat net en hausse de 22 % pour l’exercice 2015, à 2,03 milliards d’euros, pour un chiffre d’affaires de 74 milliards d’euros (+4,6 %). Le résultat d’exploitation s’affiche en hausse de 6 %, grâce au dynamisme de l’assurance dommages. La branche vie, dont les profits représentent plus de 60 % du résultat opérationnel, a tout juste maintenu ses résultats dans un environnement de marché difficile.
Dans un contexte durablement marqué par des taux d’intérêt très bas, les performances à venir du troisième assureur européen passeront néanmoins par une poursuite de ses efforts opérationnels sur son coeur de métier d’assureur.
Défi numérique
A l’image du secteur, Generali doit relever le défi du numérique. Comme ceux d’autres métiers, les réseaux traditionnels de distribution de l’assurance sont remis en cause. Mais c’est au coeur même du métier d’assureur, c’est-à-dire l’évaluation et la gestion des risques, que les transformations s’annoncent les plus profondes. Alors que le « big data » ouvre de nouveaux horizons, Generali doit lancer cette année en Allemagne un produit d’assurance santé « au comportement ». Baptisé « Vitality », ce programme permettra de « récompenser » les clients plus vertueux sur la base d’une analyse fine de leur mode de vie, leurs habitudes alimentaires ou leur pratique sportive.
Une approche semblable à celle du « pay as you drive », qui fixe les tarifs de l’assurance automobile en fonction des comportements de conduite. Generali exploite déjà les données de plus de 1 million de boîtes noires dans des véhicules particuliers en Italie. Autant d’innovations indispensables dans un secteur qui aborde sa révolution numérique.
Jean Cassegrain, Les Echos

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