Gli assicuratori potranno analizzare i social network per valutare i rischi

Lo Stato di New York vuole regolamentare delle pratiche già diffuse. Presto sarà necessario pensarci due volte prima di pubblicare una foto sui social network. Evitate di scattare foto di voi che fumate, ad esempio, e prediligete i selfie nell’abbigliamento sportivo. A New York, secondo il Wall Street Journal, gli assicuratori stanno per ottenere il diritto di utilizzare i social network per valutare i rischi dei loro clienti. Gli assicuratori dovranno dimostrare che queste informazioni non sono utilizzate per discriminare determinati clienti. Una sfumatura che promette alcune battaglie legali. Secondo i principi stabiliti, sarebbe particolarmente importante evitare che gli algoritmi abbiano un pregiudizio razziale o discriminino le minoranze.

Nicolas RaulineBureau de New York
L’Etat de New York souhaite mettre en place des règles pour encadrer des pratiques qui seraient déjà répandues.
Il faudra bientôt, et plus que jamais, réfléchir à deux fois avant de publier une photo sur les réseaux sociaux. Eviter de se photographier en train de fumer, par exemple, et privilégier les selfies en tenue de sport. A New York, les assureurs sont en effet sur le point d’obtenir le droit d’utiliser les réseaux sociaux pour évaluer les risques de leurs clients, selon le « Wall Street Journal ». Les services de l’Etat ont publié une note préliminaire dans laquelle sont édictées de nouvelles règles qui pourraient entrer en application dans les prochains mois.
C’est la première fois que des autorités reconnaissent ouvertement ce droit, même si celui-ci était, en théorie, strictement encadré. Les assureurs devront en effet démontrer que ces informations ne sont pas utilisées dans le but de discriminer certains clients. Une nuance qui promet quelques batailles judiciaires, la notion étant un peu floue… Selon les principes établis, il s’agirait surtout d’éviter que les algorithmes n’aient un biais racial ou ne discriminent les minorités.
Un effet domino ?
Les services financiers de l’Etat de New York ont voulu agir rapidement, avant que ces pratiques ne se soient généralisées. « Comme il s’agit d’un domaine qui évolue en permanence, notamment dans la souscription d’assurance, il était important pour notre département d’établir dès maintenant des principes généraux », a expliqué l’une des responsables de l’autorité, Maria Vullo, au quotidien.
Une vingtaine de compagnies d’assurances américaines scruteraient déjà les réseaux sociaux, aux côtés de moyens plus traditionnels (comme l’historique de crédit, les titres de propriété, les jugements au civil…) pour déterminer les risques de leurs clients, accélérer les procédures ou repérer les fraudes. Certaines pratiques iraient assez loin : en plus d’observer les publications sur les réseaux sociaux, certains seraient capables de voir si une personne utilise une application de fitness ou de livraison de repas sains ou si elle est géolocalisée à la salle de sport ou au bar…

Les nouvelles règles ne concerneront que les assureurs basés dans l’Etat de New York. Mais la profession observe la situation avec intérêt : plusieurs grandes compagnies sont originaires de l’Etat et New York possède les régulateurs les plus à la pointe sur le sujet. D’autres pourraient donc suivre. L’association nationale des régulateurs du secteur, qui regroupe les autorités des 50 Etats, a ainsi monté un groupe de travail sur le Big Data.
Une enquête sur les pratiques
Avant d’édicter ces règles, les autorités new-yorkaises ont mené pendant dix-huit mois une enquête sur les pratiques de 160 compagnies proposant des assurances-vie. Seule une d’entre elles aurait reconnu utiliser les réseaux sociaux. La plupart affirment que d’autres informations publiques, comme les registres de faillite, les décisions de justice ou le cursus universitaire, sont bien plus utiles.
Mais l’enquête a montré que des sociétés spécialisées proposent aux assureurs l’accès à des données incluant par exemple « l’aspect des personnes sur les photos » ou « le type d’appareil électronique » utilisé par le client. « Potentiellement, tout cela peut refléter des pratiques illégales basées sur l’appartenance à une race », écrivent les régulateurs.

Le projet d’Amazon avance
Les ambitions d’Amazon, JP Morgan et Berkshire Hathaway en matière d’assurance inquiètent certaines compagnies. UnitedHealth a porté plainte contre l’un de ses anciens cadres embauché par les trois partenaires pour travailler sur le projet. Ce qui violerait une clause de non-concurrence. Les auditions sur cette affaire ont permis d’en savoir un peu plus sur ce que veut faire Jeff Bezos. Il s’agirait d’offres réservées uniquement aux salariés des trois sociétés, qui travailleraient avec des assureurs établis. Les partenaires passeraient actuellement au crible les données du marché pour déterminer les meilleures offres. Mais, si aucune n’est jugée satisfaisante, le nouveau-venu pourrait lancer ses propres solutions. Interrogé sur la possibilité de les proposer à l’ensemble du marché, le cadre en question a répondu : « Ce n’est pas un objectif à court terme. »
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