Francia: nuovo anno difficile per l’assicurazione agricola

Groupama, leader del mercato, ha versato nel 2018 ben 187 mln di indennizzi per l’assicurazione multirischi clima sui raccolti a causa di numerosi episodi di grandine. Il mercato è strutturalmente deficitario

Laurent Thévenin

Groupama, le leader du marché, a versé l’an dernier 187 millions au titre de l’assurance multirisque climatique sur récoltes. Le marché est structurellement déficitaire.
La mauvaise série se poursuit pour l’assurance agricole. De loin le leader du marché, Groupama a indiqué mardi avoir versé l’an dernier 187 millions d’euros d’indemnisations au titre de l’assurance multirisque climatique sur récoltes (MRC), du fait notamment de nombreux épisodes de grêles (41,1 % de la charge de sinistres). C’est presque autant qu’en 2017 (190 millions d’euros), une année qui lui avait déjà coûté cher. En 2016, l’assureur mutualiste avait dû faire face à une facture record de 420 millions d’euros.
Avec un chiffre d’affaires d’environ 220 millions d’euros en MRC en 2018, Groupama affiche un ratio sinistres à primes de 85 %. Un niveau insuffisant pour couvrir les frais de gestion et les dépenses de réassurance, précise-t-il. Selon ses projections, au-delà de Groupama, la situation au niveau du marché français devrait être encore plus dégradée, avec un ratio sinistres à primes attendu une nouvelle fois au-delà de 100 %. En 2017, cet indicateur s’était élevé à 108 %.

Segmentation tarifaire
« Nous avons des résultats meilleurs que le marché, parce que nous avons un portefeuille plus important qui nous permet de mieux mutualiser », explique Delphine Létendart, directrice du marché agricole chez Groupama (qui a en portefeuille 56 % des surfaces agricoles assurées en MRC en France).
Il n’en reste pas moins que depuis le lancement de la MRC en 2005, le premier assureur agricole français a payé presque autant de sinistres (2,4 milliards d’euros) qu’il n’a encaissé de cotisations (2,5 milliards d’euros). Interrogé sur l’évolution de sa politique tarifaire, l’assureur explique segmenter davantage ses prix.
Les exploitants agricoles sont encore très peu assurés contre les conséquences des risques climatiques. Mais, indique Groupama, la diffusion de la MRC a néanmoins progressé, en particulier auprès des viticulteurs qui ont été touchés par la grêle ces dernières années. Environ 30 % des surfaces agricoles (hors prairies) seraient désormais couvertes, contre encore à peine un quart il y a deux ans. Mais, « il faudrait que 60 à 65 % des surfaces soient assurées » pour pérenniser le dispositif assurantiel grâce à une mutualisation du risque à une plus grande échelle, estime Jean-Yves Dagès, le président de Groupama.

Rehausser le taux de subvention
L’assureur réclame toujours « la mise en place à court terme d’Omnibus en France », qui serait, selon lui, un bon levier pour favoriser la diffusion de la MRC. Ce règlement européen – déjà en vigueur en Italie – assouplit en effet les conditions d’intervention des assurances.
Il abaisse le seuil de déclenchement et les franchises appliqués. Il permet aussi de rehausser le taux de subvention que peut percevoir un agriculteur pour s’assurer. Ce dispositif, via le budget de la politique agricole commune (PAC), permet de subventionner jusqu’à 70 % de la prime payée, contre 65 % actuellement pour les contrats dits « socles ».

Fonte: