AXA: i grandi cantieri di Thomas Buberl

Se le attività americane hanno pesato sull’utile netto del gigante francese dell’assicurazione, non è mancata la performance operativa nel 2018. L’integrazione di XL Group è una delle priorità e non esclude acquisizioni mirate nel settore sanitario. Intervista al numero uno Thomas Buberl

Laurent Thévenin, Thibaut Madelin, Guillaume Maujean et François Vidal

Si les activités américaines ont pesé sur le bénéfice net du géant français de l’assurance, la performance opérationnelle a été au rendez-vous en 2018.L’intégration de XL Group est une de ses priorités, ce qui n’exclut pasdes acquisitions ciblées dans la santé.

Quel bilan tirez-vous de l’année 2018 ?
2018 a été une année décisive pour la transformation d’AXA avec la mise en Bourse de nos activités américaines d’assurance-vie et de gestion d’actifs et l’acquisition de XL Group. C’est aussi l’année où le groupe a dégagé le meilleur résultat opérationnel de son histoire. Il y a eu le retour d’une bonne dynamique de croissance, tirée par tous nos segments prioritaires (dommages d’entreprises, santé, prévoyance).
Mais vos deux grands mouvements stratégiques, l’introduction en Bourse à Wall Street et XL, ont lourdement pesé sur le résultat net…
La décision stratégique de mettre en Bourse AXA Equitable Holdings aux Etats-Unis a été l’occasion pour nous de faire des dépréciations comptables des survaleurs historiques pour environ 3 milliards d’euros. C’est un ajustement exceptionnel. L’entreprise américaine marche très bien, avec un résultat opérationnel en hausse de 4 % l’an dernier. Quant à XL, nous avons toujours dit que cette acquisition allait entraîner une plus grande volatilité de nos résultats. C’est ce qui s’est passé cette année, puisque les catastrophes naturelles du quatrième trimestre ont représenté une année anormale de « cat nat »… Mais tous nos concurrents aux Etats-Unis ont aussi souffert des feux de forêt en Californie et de l’ouragan Michael.
Quelle est votre priorité ?
Il s’agit de poursuivre notre transformation. Après la crise financière, nous avons commencé à nous désensibiliser des risques financiers. Nous avons fortement accéléré ce mouvement en 2018 avec l’IPO aux Etats-Unis, la transformation du portefeuille d’assurances-vie collectives en Suisse et la cession de notre plate-forme européenne de « variable annuities » AXA Life Europe. En 2008, près des deux tiers de notre business était orienté vers les risques financiers. Quand nous serons totalement sortis d’AXA Equitable Holdings, nous serons alors exposés à 80 % aux risques techniques (incendies, risques d’entreprises, santé, prévoyance, etc.). Ce sont des risques qui se maîtrisent mieux et qui permettent d’avoir des interactions plus fréquentes avec les clients. C’est une véritable bascule stratégique.
Quand allez-vous vous désengager totalement d’AXA Equitable ?
Nous sommes aujourd’hui à la moitié du chemin. Nous voulons continuer la cession de nos activités américaines, mais nous n’avons pas donné de calendrier. Nous n’avons pas de pression pour vendre.
Pourriez-vous élargir votre périmètre de cessions pour accélérer le désendettement, une de vos priorités ?
Notre stratégie n’a pas changé. Il faut être agile. Il y a quelques marchés où nous pourrions envisager de sortir, mais pas à n’importe quel prix.
Allez-vous garder toutes les activités de XL ?
Toutes les composantes de XL sont complémentaires pour AXA. Cette opération nous donne un accès au marché américain que nous n’avions pas jusqu’alors et aussi une capacité nouvelle dans l’assurance dite de « spécialités », comme le cyber, l’aviation ou la construction… En Europe, nous étions trop petits dans l’assurance des grandes entreprises. Cette acquisition va donc nous permettre de mieux utiliser notre empreinte européenne. En France, nous avons déjà établi une bonne coordination commerciale entre AXA France et AXA XL. Pour les affaires nouvelles, les PME seront traitées par AXA France. AXA XL s’occupera des clients internationaux et des « spécialités ».
Quelles sont vos priorités en matière d’acquisitions ?
Notre attention doit maintenant se porter sur la santé. C’est d’ailleurs l’une des raisons qui nous a poussés à prendre le contrôle à 100 % de notre coentreprise d’assurance-dommages chinoise AXA Tianping, que nous avons l’intention de développer dans la santé. Nous serons très sélectifs.
Quel sera l’impact du Brexit pour AXA ?
Le problème aujourd’hui, c’est que nous n’avons pas de clarté sur ce qui se passera le 29 mars. Nous nous préparons pour un « hard Brexit », malheureusement. Cela ne touchera pas l’assurance faite localement au Royaume-Uni : les particuliers auront toujours besoin d’assurer leur automobile ou leur santé. Cela peut en revanche avoir un impact pour l’assurance des entreprises britanniques s’il devait y avoir un ralentissement de l’économie, mais nous ne ressentons rien de tout cela aujourd’hui dans notre activité. Nous avons aussi pris des mesures pour les activités internationales que nous avions à Londres, par exemple dans la finance ou la gestion d’actifs. XL avait aussi pris la décision, avant même que nous ne le rachetions, de créer une filiale en Irlande.
Allez-vous verser une « prime Macron » ?
Nous avons voulu traiter ce sujet dans le cadre des négociations annuelles obligatoires. Nous avons conclu un accord avec les organisations syndicales sur une augmentation de 2 % des salaires et une prime Macron de 1.000 euros pour les salaires allant jusqu’à 32.000 euros.
Qu’attendez-vous du grand débat ?
Le grand débat répond à la demande de 40.000 personnes. Ce n’est pas la majorité des Français, mais c’est malgré tout très important de le faire parce que ces personnes ont exprimé le besoin de dialoguer. Pour autant, il ne faut pas oublier les grandes réformes structurelles, comme celles des retraites ou de l’assurance-chômage. Ces sujets n’ont pas disparu avec le mouvement des « gilets jaunes » !

Une charge exceptionnelle aux Etats-Unis fait plonger le résultat net de l’assureur
L. T.
AXA a vu son résultat net fondre de 66 % l’an dernier, en raison d’une dépréciation aux Etats-Unis. Mais il signe un résultat opérationnel record malgré des catastrophes naturelles coûteuses.
Après un exercice 2018 marqué par deux opérations qui vont changer le profil d’AXA, les résultats annuels présentés jeudi par l’assureur français avaient forcément un relief particulier. Les deux mouvements stratégiques de l’an dernier – l’acquisition de l’assureur et réassureur bermudien XL Group pour 15,3 milliards de dollars et l’introduction en Bourse des activités financières américaines – ont laissé une trace profonde dans les comptes.
AXA a vu son résultat net divisé par presque trois, à 2,1 milliards d’euros, en raison de charges exceptionnelles, contre 6,2 milliards en 2017. Le groupe a ainsi comptabilisé pour 3 milliards d’euros un amortissement de l’écart d’acquisition sursa filiale américaine AXA Equitable Holdings, après sa mise en Bourse à Wall Street en mai.

Le cours de Bourse en hausse
Autre élément négatif : les catastrophes naturelles du dernier trimestre aux Etats-Unis ont coûté très cher à sa nouvelle division AXA XL. Alors que XL est consolidé dans les comptes depuis le 1er octobre, l’ouragan Michael a laissé une facture de 261 millions d’euros et les incendies en Californie une charge de 355 millions d’euros.
Malgré tout, le titre AXA a gagné jusqu’à 2,29 % en séance à la Bourse de Paris, pour terminer sur une hausse de 1,09 %, à 21,39 euros. Car l’assureur a aussi fait état d’un résultat opérationnel record, à 6,2 milliards d’euros (+3 %). Une performance réalisée « en dépit d’une baisse de notre taux de détention dans AXA Equitable Holdings et du niveau anormalement élevé des catastrophes naturelles au cours du quatrième trimestre », a insisté Thomas Buberl, son directeur général. La France a contribué pour près d’un quart au résultat opérationnel, à 1,6 milliard d’euros (+10 %).

Le chiffre d’affaires total du deuxième assureur européen a par ailleurs augmenté de 4 %, à 102,9 milliards d’euros (+3 % en France, à 25,2 milliards). Sur les métiers désormais au coeur de la stratégie, la croissance a atteint 5 % dans l’assurance-dommages des entreprises. Cette activité, qui a pris une dimension nouvelle depuis l’acquisition de XL Group, compte désormais pour un quart du chiffre d’affaires. La prévoyance (+3 %) et la santé (+7 %) n’ont pas été en reste.
AXA va par ailleurs proposer, au titre de 2018, un dividende en hausse, à 1,34 euro par action, contre 1,26 euro pour l’exercice 2017.

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