Le marché attendait visiblement encore plus d’ Allianz. Le premier assureur européen a vu son titre céder 1,25 % vendredi à la Bourse de Francfort, après la publication de ses résultats annuels, faisant moins bien que l’indice DAX. Le groupe allemand avait pourtant fait état d’une progression de 6,3 % de son résultat net pour l’exercice 2015, à 6,62 milliards d’euros, et d’un chiffre d’affaires au plus haut, à 125,2 milliards de dollars (+2,4 %). Son résultat opérationnel s’est élevé à 10,7 milliards d’euros (+3,2 %), tout près de l’objectif maximal de 10,8 milliards d’euros visé par Allianz, sous l’effet d’un « très bon » quatrième trimestre. Le tout pourtant « dans un environnement de plus en plus difficile », comme n’a pas manqué de le souligner Oliver Bäte, le président du directoire.

La perspective d’un dividende de 7,30 euros par action au titre de 2015, en amélioration de 6,6 % par rapport à 2014, n’aura pas davantage réussi à contenter les investisseurs. Selon Oliver Bäte, il est « un signal fort que notre entreprise est dans une bonne position ». A fin décembre, Allianz pouvait par ailleurs s’appuyer sur un ratio de Solvabilité II de 200 %, en hausse de 9 points d’une année sur l’autre. Ce qui « fait que nous sommes bien préparés pour faire face à la volatilité actuelle des marchés », a affirmé Dieter Wemmer, le directeur financier du groupe bavarois.

« Notre activité est saine et bien diversifiée », a renchéri Oliver Bäte. En 2015, le groupe munichois a ainsi réussi à augmenter son résultat opérationnel en assurance dommages (+4,1 %), malgré un coût des catastrophes naturelles (738 millions d’euros) plus élevé que l’année précédente. Le ratio combiné (sinistres et frais rapportés aux primes) s’est très légèrement dégradé à 94,6 %, tout en restant non loin de l’objectif de 94 % fixé pour 2018.

Alors qu’il pousse les feux sur des produits aux marges intéressantes, le géant allemand affiche aussi un résultat opérationnel en hausse sur ses activités d’assurance-vie et santé avec une performance qualifiée de « remarquable » (+14,1 %). Ce n’est pas le cas en revanche pour sa gestion d’actifs (-11,8 %). Suivies de près par les investisseurs, les sorties de capitaux chez Pimco, la division américaine de gestion d’actifs, se sont poursuivies, mais « ont presque diminué de moitié » par rapport à 2014.
Consolidation

Pour 2016, Allianz table sur un résultat opérationnel compris dans une fourchette de 10 à 11 milliard d’euros, plutôt large car « reflétant une plus grande incertitude ». « Nous voulons continuer de grandir de manière organique ou, quand cela fera sens, via de la croissance externe » , a par ailleurs affirmé Oliver Bäte. « Nous sommes dans une industrie en pleine consolidation, et nous voulons saisir les opportunités », indique-t-il. Pour autant, l’assureur n’envisage pas de grosses acquisitions, fidèle à la politique suivie ces dernières années, qui l’a vu se renforcer en France, en Italie ou en Turquie. Allianz doit aussi se consacrer à sa stratégie numérique, une des pierres angulaires du plan présenté en novembre dernier.

Fonte: