Perché i rendimenti dell’assicurazione vita caleranno ancora

LAURENT THÉVENIN

LE TAUX MOYEN VERSÉ AUX ÉPARGNANTS AU TITRE DE 2017 DEVRAIT TOMBER SOUS LES 1,50 % EN 2018, CONTRE 1,80 % EN 2016. LE SUPERVISEUR POUSSE LES ASSUREURS À RENFORCER LEURS RÉSERVES.
Les épargnants savent déjà à quoi s’en tenir. Année après année, ils voient

les fonds euros de leurs contrats d’assurance-vie leur rapporter de moins en moins
. Sauf exception bien improbable, il en sera de même en 2018 pour les rémunérations servies au titre de 2017. Signe qui ne trompe pas, les assureurs ne se précipitent pas pour communiquer sur le sujet cette année, alors qu’auparavant certains donnaient leurs taux dès le mois de décembre. Deux enseignes du groupe Covéa – la GMF et MAAF – ont toutefois déjà discrètement indiqué les performances de leurs contrats phares, comme l’a repéré le site cBanque.
Dans les deux cas, la baisse est franche par rapport à l’année dernière : -0,50 point de base pour le support en euros du contrat Winalto de MAAF, à 1,85 %, et -0,40 point de base pour celui du contrat Multéo chez GMF, à 2,10 %.

La France Mutualiste
a, elle, annoncé servir 2,018 % (-0,25 point de base) sur ses fonds euros.
Ces premiers taux donnent une indication sur l’ampleur à venir de la baisse. En 2017, le taux moyen du marché servi au titre de l’année 2016 était déjà passé sous la barre des 2 %, pour tomber à 1,80 %, selon les données de la Fédération française de l’assurance. Pour 2018, « nous devrions être à 1,48 % en moyenne. Les meilleures performances se situeront sans doute aux alentours de 2,50 % à 2,60 %. Il y aura des taux à 0,60 % pour de vieux contrats bancaires fermés à la commercialisation », pronostique Cyrille Chartier-Kastler, fondateur du site Good Value for Money. « Les baisses seront très variables d’une compagnie à l’autre. Mais nous sommes tous confrontés au même enjeu, qui est de mettre de l’argent de côté », indique un assureur.

Appel à la « modération »
Dans un contexte de taux d’intérêt très bas,

l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR) n’a en effet pas desserré sa pression
, appelant les assureurs « à la modération » dans la fixation du taux de revalorisation de leurs contrats euros composés majoritairement d’obligations. « Le marché doit prioritairement s’attacher à constituer les provisions qui lui permettront de faire face à ses engagements quelles que soient les circonstances », avait ainsi martelé de nouveau fin novembre Bernard Delas, le vice-président de l’ACPR.
Avec la provision pour participation aux bénéfices (PPB), les assureurs ont une réserve qui peut leur servir à soutenir les rendements dans le temps, par exemple dans le cas d’une prolongation pour une durée très longue de taux très bas. Elle pourrait aussi leur être utile en cas de remontée brutale des taux d’intérêt. Elle leur permettrait de rester compétitifs face aux nouveaux fonds plus rémunérateurs qui pourraient alors être lancés. Les assureurs avaient déjà bien doté leur PPB l’an dernier. Aussi, « ils ont un peu de marge de manoeuvre, d’autant que le rendement des actifs est plutôt bon », fait valoir un des grands opérateurs.

Mais, « du fait de la contrainte de l’ACPR, les assureurs servent plutôt les taux qu’on leur demande de servir plutôt que les taux qu’ils pourraient effectivement servir », n’hésite pas à dire Cyrille Chartier-Kastler. Pour autant, cette invitation à la prudence ferait aussi bien les affaires de certaines compagnies, qui « font exprès de baisser fortement les taux servis sur les fonds euros ». « Cela répond à une double volonté de ne pas trop collecter sur les fonds euros pour éviter d’avoir à trop investir sur des obligations à taux très bas et de pousser les clients vers les unités de compte », explique-t-il. La fixation du taux servi aux épargnants est donc plus que jamais un exercice subtil.
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