La piena della Senna rilancia il dibattito sull’anticipazione dei rischi

JULIE CHAUVEAU

SACS DE SABLE DISTRIBUÉS À LA DEMANDE, ÉVACUATION PAR LES MILITAIRES DES HABITANTS NE POUVANT RESTER CHEZ EUX, PLANS D’ALERTE DÉCLENCHÉS… LE PIC DEVRAIT ÊTRE ATTEINT SAMEDI OU DIMANCHE, À 6,10 OU 6,20 MÈTRES, UN NIVEAU ÉQUIVALENT À CELUI DE 2016.
Le niveau de la Seine continue à monter et devrait atteindre dans la journée de samedi un niveau comparable à celui de juin 2016 (6,10 mètres) à Paris, voire au-dessus (6,20 mètres). On est encore loin de la cote d’alerte de 1910 (8,62 mètres au pont d’Austerlitz), où l’eau avait débordé jusqu’à la gare Saint-Lazare. Mais, face à la poursuite de la crue, Matignon a décidé de placer les ministères en phase d’alerte pour qu’ils se préparent à un repli éventuel vers des sites de secours, a annoncé le Secrétariat général de la défense et de la sécurité nationale (SGDSN).

Protéger les sites sensibles
Sur le terrain, les collectivités situées en bord de Seine ont commencé à prendre des mesures d’assistance. La communauté d’agglomération Grand Paris Sud (Evry, Corbeil-Essonnes) a distribué des sacs de sable aux habitants qui en ont fait la demande pour leur permettre de colmater l’entrée de leurs pavillons. Une cellule de crise a été ouverte. Et des militaires sont arrivés dans la matinée pour aider à l’évacuation d’habitants de Villeneuve-Saint-Georges, dont une partie avaient déjà été victimes de la crue de 2016. 395 personnes ont été évacuées, particulièrement dans le Val-de-Marne, et des coupures d’électricité réalisées chez un millier d’abonnés. Les mesures de protection visent aussi les sites sensibles. Les techniciens de l’usine d’eau potable de Choisy avaient démarré mercredi le montage d’un mur métallique le long de la Seine et autour du site. Des camions ont également livré des générateurs d’électricité et force pompes pour garantir la fourniture d’eau aux habitants.

La SNCF scrute, quant à elle, la montée du fleuve de un centimètre par heure, plus lente que la dernière fois. Samedi sera « l’heure de vérité » car, à 6 mètres de hauteur, le fleuve menace d’atteindre le sous sol de la gare de Lyon, sur la ligne D du RER. La ligne J Poissy-Mantes devrait, elle, avoir les pieds dans l’eau partiellement. Et les experts s’attendent à ne pouvoir ouvrir la ligne C fermée sur 7 stations dans Paris intra-muros qu’à partir de mercredi.

Les musées parisiens situés sur la berge, comme le Louvre, Orsay et l’Orangerie, ont déclenché le plan de protection. Mais le fait que la crue se répète à nouveau interpelle. Les débats sur les mesures de protection refont surface. Les collectivités doivent en théorie avoir effectué des plans de protection contre le risque inondation, multiplié les cartographies et prévu les mesures d’évacuation. Mais ces plans imposent aussi de rendre des terrains inconstructibles ou d’obliger des industriels à déménager leurs usines. « La situation est aujourd’hui maîtrisée par chacun des services. L’expérience a permis à chacun d’anticiper la situation », a martelé la maire de Paris, Anne Hidalgo.

Les assureurs en configuration de crise
LAURENT THÉVENIN

LES ASSUREURS ONT ACTIONNÉ LEURS DISPOSITIFS POUR ALERTER LEURS CLIENTS AFIN DE LES AIDER À LIMITER LES DÉGÂTS. SELON COVÉA, L’ÉVÉNEMENT DEVRAIT ÊTRE D’UNE AMPLEUR MOINS IMPORTANTE QUE LES INONDATIONS DU PRINTEMPS 2016.
Alors qu’une quinzaine de départements français étaient en vigilance orange crues-inondations jeudi, les assureurs sont déjà sur le pied de guerre. Avec la multiplication des intempéries en France, leur dispositif en pareil cas est désormais bien rodé. AXA France, par exemple, a commencé à activer sa cellule de crise mercredi et a déjà envoyé plus de 330.000 SMS d’alerte à ses assurés depuis le 21 janvier. « Mais la situation est très évolutive. Nous sommes plutôt dans une communication très en amont », affirme Bruno Foubert, directeur métier services clients dommages chez AXA France.

Des consignes pour limiter les dégâts
Covéa, le numéro un français de l’assurance automobile et habitation avec ses enseignes MMA, GMF et MAAF, a lui aussi fait partir mercredi des SMS à ses clients dans plusieurs départements (Paris, Seine-et-Marne, Hauts-de-Seine, Yvelines et Yonne). « Nous essayons évidemment de le faire de manière ciblée en croisant les analyses de nos spécialistes des prévisions météorologiques et la cartographie de notre portefeuille en zone inondable », détaille Joaquim Pinheiro, directeur général de la relation client.

Dans l’immédiat, il s’agit surtout pour les assureurs de faire passer des consignes de bon sens pour limiter les dégâts et aussi rappeler à leurs clients de prendre des photos de leurs biens. « Vu la fréquence des inondations sur certains secteurs, nos assurés habitant dans des zones à risques ont maintenant le réflexe de mettre des protections devant leurs portes, de surélever leurs meubles ou de déplacer leurs objets de valeur à l’étage », affirme Bruno Foubert.

Avec un pic de crue attendu pour ce week-end, Covéa s’attend à recevoir les premières déclarations de sinistre lundi matin, voire dès dimanche sur Internet. « Selon nos estimations, nous devrions avoir 15.000 dossiers inondations. Ce sera un événement important mais a priori moins important qu’en mai-juin 2016 (35.000 déclarations de sinistre). Tout dépendra de la concomitance ou non des crues de la Seine et de la Marne », souligne Joaquim Pinheiro.

Un coût croissant
Au printemps 2016, les inondations géantes
qui avaient frappé 19 départements et 2.000 communes de la région parisienne, du centre et de l’est du pays avaient occasionné au total 182.000 déclarations de sinistre pour un coût supérieur à 1,4 milliard d’euros, selon le chiffrage de la Fédération française de l’assurance (FFA). Ce risque devrait représenter une charge croissante pour les assureurs dans les années à venir. D’après une étude publiée fin 2015 par la FFA,
le péril inondation (hors submersion marine) pourrait occasionner pour 34 milliards d’euros d’indemnisations
sur la période 2014-2039. Soit plus du double que sur les vingt-cinq années précédentes (16 milliards d’euros entre 1988 et 2013).
Fonte: