Start-up: AXA accelera negli investimenti

LAURENT THÉVENIN
L’ASSUREUR FRANÇAIS VA LANCER UN FONDS DE FONDS DOTÉ DE 150 MILLIONS D’EUROS.
AXA franchit un pas de plus dans sa stratégie d’investissement dans les start-up. Dans le cadre du fonds de capital-risque AXA Strategic Ventures, créé il y a presque deux ans et focalisé sur les jeunes pousses, le géant français de l’assurance va profiter du Paris Fintech Forum ce jeudi pour annoncer le lancement prochain d’un fonds de fonds doté de 150 millions d’euros. « Notre objectif est de monter un écosystème qui permette de capturer un maximum d’innovations. Il est donc important d’avoir à notre disposition tous les outils possibles », explique aux « Echos » François Robinet, managing partner d’AXA Strategic Ventures (ASV). Ce fonds de fonds, qui doit encore recevoir les autorisations réglementaires, devrait être opérationnel d’ici « quelques semaines ».

Un bureau à Hong Kong
« Il va nous permettre de solidifier les relations avec d’autres fonds de capital-risque et donc d’augmenter notre flux de dossiers d’investissements », indique François Robinet. Autre intérêt, selon lui, « cela nous donnera une capacité à investir dans les zones où ASV n’a pas d’équipes, comme Israël, les marchés émergents et certains pays asiatiques, comme la Chine, par exemple. » Aujourd’hui présent à Paris, Londres, San Francisco et New York, ASV est en train de compléter son maillage, avec l’ouverture prévue d’un bureau à Hong Kong. « Nous avons vocation à être global », souligne François Robinet.

Après une grosse année d’activité, AXA Strategic Ventures a déjà « déployé 40 millions de dollars sur l’enveloppe initiale de 250 millions de dollars ». « Notre périmètre d’investissement porte sur toutes les solutions technologiques qui peuvent être pertinentes pour nos métiers d’assurance et de gestion d’actifs », résume François Robinet. En tout, le fonds de capital-risque d’AXA a réalisé 25 investissements dans des start-up en phase d’amorçage, la moitié en Europe et l’autre moitié aux Etats-Unis. Dernière annonce en date, il a pris un ticket chez Floome, une société italienne qui permet de transformer son smartphone en éthylotest. ASV a une autre cible : les start-up plus matures avec un profil de croissance bien établi. Sur ce type d’entreprises, il est prêt à mettre jusqu’à 15 millions de dollars. Alors qu’il vient de réaliser son premier investissement « growth » – dans One Inc., une jeune pousse californienne – AXA Strategic Ventures prévoit d’en faire « deux ou trois par an ».

Quand il investit, le fonds essaye à chaque fois d’avoir une position comprise entre 10 et 30 % du capital ainsi qu’une place au conseil d’administration : « Nous avons comme objectif d’accélérer le développement des sociétés dans lesquelles nous investissons, jamais de les contrôler », souligne François Robinet.

Kamet, la fabrique à start-up du géant français de l’assurance, produit ses premiers résultats
L. T.
LE « START-UP STUDIO » D’AXA VIENT DE DONNER NAISSANCE À SES PREMIÈRES JEUNES POUSSES.
Première fournée pour Kamet. Un peu plus d’un an après sa création, le « start-up studio » d’AXA a vu éclore ses premières jeunes pousses. Très discret sur ses projets jusqu’alors, celui-ci annonce la naissance de Qare, une société qui veut « réinventer l’accès à des services médicaux de qualité pour les patients », et de Fixter, présenté comme « l’Uber de la maintenance des véhicules automobiles ».

« La mission que je me suis fixée est d’imaginer, initier, lancer et accompagner plusieurs projets disruptifs de l’assurtech », explique Stéphane Guinet, l’ancien patron d’AXA Global Direct à l’origine de Kamet. « Nous sommes une start-up qui fabrique des start-up », résume-t-il. « L’objectif est d’arriver à créer de belles sociétés qui auront vocation à être un jour incorporées dans le groupe AXA. C’est véritablement un nouveau modèle d’innovation », ajoute cet entrepreneur dans l’âme, cofondateur il y a une quinzaine d’années d’Assurland, le pionnier de la comparaison d’assurances en France.

AXA a mis 100 millions d’euros dans Kamet. « Nous sommes à la fois en dehors d’AXA et très connecté à AXA. AXA a volontairement une place très réduite dans la gouvernance de Kamet. Mais il a un droit de premier refus pour financer ou non les start-up qui y seront créées », détaille Stéphane Guinet. L’assureur a ainsi décidé de financer à hauteur de 6 millions d’euros, Fixter et de 5 millions d’euros un autre projet tenu confidentiel pour le moment.

Kamet, qui compte au total 80 personnes réparties entre Paris, Londres et Tel-Aviv, « fabrique ces start-up avec des entrepreneurs aguerris qui ont déjà participé à de grosses aventures. Mon défi est d’arriver à les attirer et à les convaincre que c’est le meilleur cadre pour entreprendre et faire des choses plus vite et en plus grand », poursuit Stéphane Guinet. Celui-ci met en avant l’avantage concurrentiel représenté par « l’accès aux savoir-faire et aux moyens d’AXA, comme par exemple ses téraoctets de données ».

Kamet fonctionne par « sprint ». « Tous les six mois, nous envoyons une quarantaine d’idées dans le tuyau et nous en sélectionnons huit. Nous transformons ensuite ces idées en concepts prototypés, ce qui prend entre 14 et 17 semaines. Vient ensuite le temps de la fabrication, de la signature de partenariats et de la mise sur le marché. En tout, il faut un an pour qu’une start-up voie le jour », explique Stéphane Guinet. Les prochaines créations de Kamet sont attendues pour la mi-2017.

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