8 febbraio 2010

La Commission européenne contraint Dexia à une cure d'amaigrissement

A. C., Les Echos
DE NOTRE BUREAU DE BRUXELLES.

Au 33 e étage de la tour Dexia, vendredi soir à Bruxelles, les dirigeants de la banque ont pu sabler le champagne. Près d'un an après l'ouverture d'une enquête approfondie par Bruxelles, la commissaire à la Concurrence, Neelie Kroes, a trouvé un accord avec l'administrateur délégué Pierre Mariani et avec les autorités françaises, belges et luxembourgeoises sur la restructuration de la banque, comme annoncé vendredi par le site des Echos.fr. Le temps était compté : la Néerlandaise quitte ses fonctions demain pour laisser la place à l'Espagnol Joaquin Almunia.
Pour convaincre les équipes de Neelie Kroes de conclure cet accord de principe, avalisé dès vendredi soir par le conseil d'administration de Dexia, mais qui devra encore être formellement entériné dans les prochaines semaines par la nouvelle Commission entrant en fonction demain, la banque s'est engagée à réduire de 35 % d'ici à 2014 la taille de son bilan par rapport à 2008, à 430 milliards d'euros contre 650 milliards. Désireuse de montrer qu'elle va plus loin que pour ING (30 % à la même échéance), la Commission va même jusqu'à calculer une réduction de voilure de 45 %, en laissant de côté les 80 milliards d'euros de prêts en extinction (« run off ») que la banque vise pour 2014.
En contrepartie des subventions massives qu'elle a reçues des Etats français, belge et luxembourgeois pour l'aider à surmonter la crise - outre une recapitalisation publique de 6,4 milliards d'euros, elle a bénéficié d'une garantie d'Etat pouvant aller jusqu'à 150 milliards, ramenée ensuite à 100 milliards -, Dexia a accepté de céder d'ici à la fin d'octobre 2012 ses filiales italienne Crediop et slovaque Banka Slovensko, mais aussi ses activités d'assurance en Turquie et, d'ici à fin décembre 2013, de prêt aux collectivités locales en Espagne. Elle stoppera aussi ses activités à Singapour ou encore en Russie. Elle se recentrera ainsi essentiellement sur le Benelux. Elle ne pourra procéder à aucune acquisition d'ici à la fin de 2011.
Les actionnaires seront mis à contribution, mais de manière indirecte : ils pourront toucher leurs dividendes, mais seulement en actions jusqu'à la fin de 2011. Surtout, la banque a promis de revoir en profondeur un « business model » qui consistait jusqu'à présent à se financer souvent à très court terme sur le marché de gros, pour accorder des emprunts de long terme aux collectivités locales. Dexia devra progressivement allonger la durée de son refinancement en respectant des clauses de rendez-vous vis-à-vis de la Commission, de manière à porter de 50 % aujourd'hui à 90 % en 2014 la part de son bilan refinancée à plus d'un an.
L'objectif est aussi d'accroître suffisamment le niveau des marges pour assurer, in fine, la pérennité de l'activité et donc la viabilité de la banque. Dexia se passera dès la fin de juin de la garantie des Etats, dont elle pouvait bénéficier jusqu'à la fin d'octobre.


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